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De sérieuses ambitions féminines se profilent pour le Conseil fédéral

Le PS sera probablement représenté par deux femmes au gouvernement. Si Hans-Rudolf Merz démissionne aussi, la Suisse pourrait compter cinq conseillères fédérales.

10 juil. 2010, 07:32

Pour les femmes socialistes alémaniques, l'heure de vérité a sonné. Elles font pression depuis des années pour que, le jour venu, Moritz Leuenberger soit remplacé par une femme. A défaut, le respect de la parité aurait pour effet de maintenir à perpétuité le siège socialiste masculin en mains alémaniques alors que le siège féminin irait d'office à une Romande. Cela tombe bien: les candidates ne manquent pas outre-Sarine alors qu'en Suisse romande les papables sont essentiellement masculins. Les Fribourgeois Christian Levrat et Alain Berset, voire le Vaudois Pierre-Yves Maillard ou le Neuchâtelois Jean Studer attendront donc la démission de Micheline Calmy-Rey pour lorgner du côté du Conseil fédéral.

Pour l'heure, la direction du parti fait mine d'avoir à peine connaissance de cet échange de bons procédés. Officiellement, le siège de Moritz Leuenberger est offert aussi bien à un homme qu'à une femme. Les candidatures doivent être déposées d'ici au 22 octobre. Cela donne trois mois de réflexion aux personnes potentiellement intéressées, comme par exemple la conseillère aux Etats bernoise Simonetta Sommaruga (lire ci-dessous), 50 ans, présidente de la fondation alémanique de protection des consommateurs. Férue d'économie, membre de l'aile droite du PS, elle est apte à séduire les partis bourgeois. Ce n'est pas un argument suffisant aux yeux de l'aile gauche qui pourrait lui préférer la conseillère nationale zurichoise Jacqueline Fehr, 47 ans, qui s'est profilée dans le domaine de la politique sociale.

Bien d'autres parlementaires fédérales peuvent aussi entrer en ligne de compte, sans oublier les conseillères d'Etat comme la Zurichoise Regine Aeppli ou la Bernoise Barbara Egger. Et si l'on tient aussi compte des hommes, par exemple le maire de Bienne Hans Stöckli, la plupart des cantons alémaniques sont en mesure de présenter une candidature. Dans ces conditions, l'été et le début de l'automne vont se résumer à une lente épuration de la liste des candidats.

C'est une bonne affaire pour le PS qui va occuper le terrain médiatique pendant des mois. La direction du parti fait peu de cas de l'UDC qui a décidé de revendiquer chaque siège libre en raison de sa sous-représentation au Conseil fédéral. «Le chef du groupe Caspar Baader serait le candidat idéal», affirme le président de l'UDC Toni Brunner. La stratégie de l'UDC repose sur l'espoir d'un double soutien du PLR et du PDC. Or ceux-ci n'ont pas intérêt à rompre le statu quo avant les élections fédérales de 2011. Par contre, le PDC pourrait inciter Doris Leuthard à revendiquer le département laissé vacant par Moritz Leuenberger.

Dans la constellation actuelle du Conseil fédéral, la démocrate-chrétienne est la seule à pouvoir envisager un tel transfert. Merz est sur le départ, Maurer en mauvaise posture, Burkhalter nouveau, Widmer-Schlumpf branlante et Calmy-Rey solidement arrimée aux affaires étrangères. Le président du PS Christian Levrat ne s'en cache pas. «Je souhaite que le PS puisse continuer à diriger ce département clé», affirme-t-il.

Le départ de Moritz Leuenberger va modifier la dynamique du Conseil fédéral. La pression va s'accentuer sur Micheline Calmy-Rey, propulsée présidente de la Confédération avec une année d'avance. Quant à Hans-Rudolf Merz, il doit sérieusement réfléchir à l'opportunité d'une démission cet automne, conduisant à une double élection en décembre. Cela ferait l'affaire du Parti libéral-radical qui aurait ainsi une meilleure chance de conserver ses deux sièges gouvernementaux. Le PS aurait en effet intérêt à le ménager. Effet collatéral: la Suisse pourrait compter cinq conseillères fédérales pendant quelques mois, voire quelques années. Car c'est une femme, la conseillère d'Etat saint-galloise Karin Keller-Sutter, qui fait figure de favorite pour la succession Merz. /CIM

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