Coronavirus: les cantons sceptiques face au bon de 50 francs pour une vaccination

Le Conseil fédéral compte récompenser les Suisses qui auraient convaincu une connaissance ou un ami à se faire vacciner en offrant un bon de cadeau de 50 francs. Les cantons se montrent critiques face à cette mesure. Vaud propose d'offrir une sérologie à la place de la prime.
06 oct. 2021, 17:04
Le Conseil fédéral veut offrir 50 francs à ceux qui motivent leur entourage à se faire vacciner.

L’introduction d’un bon de 50 francs pour les personnes qui persuadent un citoyen de se faire vacciner contre le Covid-19 ne convainc pas. Les cantons s’y opposent estimant que cela ne permet pas de sortir de la crise.

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Le Conseil fédéral a mis les bouchées doubles pour booster la vaccination. Il a proposé mercredi dernier de mettre sur pied une semaine de vaccination. Cette mesure est incontestée par les cantons qui ne sont cependant pas tous d’accord sur les dates.

Cela permettra d’augmenter le taux d’immunité, soulignent plusieurs gouvernements cantonaux en réponse à la consultation du Conseil fédéral. Et de lever progressivement les mesures en place, avance le canton de Vaud.

Non au bon

Ils ne voient toutefois pas l’utilité d’offrir un bon de 50 francs pour les personnes qui contribuent à l’effort en persuadant un ami, un membre de la famille, un collègue de se faire vacciner. La Suisse doit renoncer à des incitations financières.

«Ce n’est pas dans la mentalité habituelle de la Suisse», avait indiqué vendredi sur la RTS le ministre genevois de la santé Mauro Poggia. A ses yeux, cette mesure, qui le laisse «personnellement sceptique», est «aussi un aveu d’impuissance.» Fribourg parle d’une forme de «chantage» et d’une mesure discutable sur le plan éthique.

Ce n’est pas dans la mentalité habituelle de la Suisse.
Mauro Poggia, ministre genevois de la santé

Le gouvernement vaudois suggère de son côté une stratégie alternative. Il propose d’offrir une sérologie aux personnes hésitantes afin de déterminer leur taux d’immunité et à favoriser une approche solidaire. Le bénéficiaire pourra attribuer une «prime» à des programmes de vaccination dans des pays à faible couverture vaccinale ou à des ONG ou des institutions internationales qui oeuvrent dans ce sens.

La décision doit être prise pour des raisons sanitaires et en solidarité, estiment les cantons de St-Gall et de Thurgovie. Pour Lucerne, cette mesure peut même s'avérer contre-productive. Une partie des personnes qui sont prêtes à se faire vacciner pourrait repousser l'injection en attendant l'introduction du bon.