COP26: l’Alliance climatique suisse s’en prend à Ueli Maurer

Le ministre des finances Ueli Maurer a affirmé que la place financière suisse est l’une des plus vertes au monde. Des propos dénoncés par l’Alliance climatique suisse qui appelle le Conseil fédéral à modifier les flux financiers en faveur du climat. Dans le cas contraire, une initiative pourrait être lancée.
03 nov. 2021, 17:34
Le conseiller fédéral Ueli Maurer s'est exprimé sur la SRF.

L’Alliance climatique suisse dénonce des «paroles en l’air» après des déclarations du conseiller fédéral Ueli Maurer sur l’écoblanchiment. Elle a appelé mercredi à un cadre réglementaire. Faute de quoi elle pourrait lancer une initiative populaire.

Mardi soir, le chef du Département fédéral des finances (DFF), qui est arrivé mercredi après-midi à Glasgow pour une réunion de la Coalition des ministres des finances pour l’action climatique, avait vanté la place financière suisse pour son approche durable. Dans un entretien diffusé sur le site de la télévision alémanique SRF, il affirmait même que celle-ci est l’une des plus vertes.

Nous avons une longueur d’avance sur la plupart des centres financiers et nous devons jouer cette carte à Glasgow.
Ueli Maurer, ministre des finances

«Nous avons une longueur d’avance sur la plupart des centres financiers et nous devons jouer cette carte à Glasgow», a-t-il dit. Mais s’il reconnaît une menace d’écoblanchiment, il estime prématuré d’établir un cadre réglementaire dans un environnement qui change rapidement. Des déclarations qui ont fâché l’Alliance climatique suisse.

D’autant plus que la Grande-Bretagne a présenté mercredi son plan pour décarboner les flux financiers, imposant notamment aux institutions financières et aux sociétés cotées britanniques des plans vers une économie sans carbone. Londres lance aussi un groupe de travail pour éviter l’écoblanchiment, qui sera doté de nombreux acteurs.

De quoi en faire «le premier centre financier respectueux du climat au monde» estime le directeur de l’Alliance climatique suisse Christian Lüthi. De son côté, le Conseil fédéral continue les «paroles en l’air», dit-il.



Si les flux financiers ne sont pas modifiés en faveur du climat, l’Alliance climatique suisse envisage de lancer une initiative populaire. Elle regroupe des dizaines d’organisations de l’environnement, du développement et de la politique sociale ou encore des partis.