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CFF Cargo déraille sur ses mauvais résultats et supprime 400 emplois

En raison de mauvais résultats, CFF Cargo supprimera près d'un poste sur dix d'ici à fin 2008 et en déplacera près d'un sur vingt-cinq. Les sites de Fribourg, Bellinzone, Bâle et Bienne sont les plus touchés. Sur les 401 suppressions de postes à plein-temps décrétées hier par le conseil d'administration des CFF, trois cents concernent la division management et administration. Les autres sont liées au secteur de la maintenance, a expliqué hier à Berne Nicolas Perrin, directeur de CFF Cargo.

09 mars 2008, 12:00

Le site de Fribourg mettra la clé sous le paillasson. Ses activités de service à la clientèle, de vente et de traitement des mandats seront concentrées à Bâle. Sur les 165 emplois fribourgeois, 114 seront transférés dans la cité rhénane et 51 disparaîtront. Pour le même secteur d'activités, Bâle perd 153 postes de travail sur 699.

Dans le domaine de la maintenance, 126 places de travail sont supprimées à Bellinzone et 28 sont déplacées (18 à Chiasso et 10 à Yverdon-les-Bains). Les 200 emplois maintenus dans la capitale tessinoise seront externalisés. Les ateliers de Bienne perdent, eux, 46 de leurs 150 postes. Ils sont transférés à Yverdon-les-Bains.

Les régions concernées ont toutes fait part de leur consternation, tout comme les syndicats qui dénoncent «des erreurs de gestion des CFF dont les employés payent les pots cassés». A Bellinzone, le personnel a réagi en faisant grève.

«Les CFF en ressentiront les effets avant les employés», a averti Matteo Pronzini, secrétaire syndical à Unia. «Nous pouvons tenir aussi longtemps que nous le voulons». Selon lui, la fin du mouvement n'est envisageable que si les CFF assurent qu'aucun emploi ne sera biffé à Bellinzone. Le personnel a par ailleurs lancé un appel à manifester aujourd'hui dans les rues du chef-lieu tessinois.

Les employés soumis à la convention collective de travail (CCT) des CFF ne seront pas licenciés. Ils conserveront leur salaire et rejoindront le programme de réorganisation professionnelle, a souligné Andreas Meyer, président de la direction des CFF. Des solutions sont recherchées pour les employés qui ne sont pas protégés par la CCT, mais ce n'est pas prioritaire, a-t-il précisé.

Ces suppressions, auxquelles il faut soustraire 65 postes vacants depuis l'automne 2007 et jamais repourvus, s'inscrivent dans le programme de redressement de l'entreprise, a expliqué Andreas Meyer. Le but à moyen terme est d'économiser 70 millions de francs annuels.

Il faudra compter au moins deux ans avant l'assainissement complet de CFF Cargo, a-t-il jugé. La société a clos 2007 avec une perte de 190,4 millions, alors que les prestations ont, elles, augmenté, selon Thierry Lalive d'Epinay, président démissionnaire du conseil d'administration des CFF.

Si la filiale des CFF est bien à la recherche de partenaires fiables, «elle n'est pas à vendre», a souligné Andreas Meyer. Un partenariat public-privé n'est envisagé que s'il contribue à un positionnement stratégique à long terme, à une répartition des risques et à une optimisation des résultats.

Sur ce point, le Conseil fédéral attend des propositions sur l'intention de l'ex-régie de coopérer davantage avec d'autres entreprises. Les partis bourgeois disent vouloir d'abord réfléchir avant de demander la privatisation partielle de CFF Cargo. La gauche s'y est résolument opposée. La société compte actuellement 4435 postes de travail. /ats

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