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Blocher passe à l'orange

Le Conseil fédéral regrette que Christoph Blocher ait choisi Ankara pour lancer un débat sur la révision de la norme pénale. Mais il ne l'empêche pas de préparer un projet Ceux qui espéraient un coup de poing du Conseil fédéral sur la table en seront pour leurs frais. C'est en termes mesurés et diplomatiques que le président de la Confédération Moritz Leuenberger a tancé hier le chef du Département de justice et police pour les propos qu'il a tenus en Turquie voici deux semaines.

19 oct. 2006, 12:00

«Le Conseil fédéral regrette que la discussion sur la révision de la norme pénale contre le racisme ait été lancée à l'étranger, a-t-il déclaré à la presse. Cela donne l'impression que la Suisse agit sous la pression des circonstances». Le gouvernement s'est cependant refusé à museler Christoph Blocher. Celui-ci reste donc libre de proposer une révision de l'article 261 bis du code pénal (voir ci-contre). Un groupe de travail est d'ailleurs déjà à l'oeuvre.

Un ton apaisé

Rappelons que le conseiller fédéral avait suscité un tollé en déclarant à l'occasion d'un voyage officiel en Turquie que la norme pénale contre le racisme, approuvée par le peuple en 1994, lui donnait des maux de ventre et qu'il entendait la modifier. Les autorités turques y ont aussitôt vu un soutien à leur position sur le génocide arménien.

Le ton de la déclaration lue par Moritz Leuenberger tranche avec les propos qu'il avait tenus à Flims sous le coup de l'émotion. Le socialiste zurichois avait alors rappelé que le Conseil fédéral avait toujours répondu par la négative aux interventions parlementaires qui réclamaient une révision de ce texte.

Pas de proposition

L'an dernier encore, en réponse à une motion de l'UDC, le gouvernement affirmait que «l'expérience accumulée depuis 1995 a montré que ces normes peuvent être interprétées d'une manière raisonnable, compatible avec la liberté d'expression et avec d'autres droits fondamentaux, tels que la liberté contractuelle».

Aux yeux du président de la Confédération, la contradiction n'est qu'apparente. «Il n'est pas question de supprimer la norme pénale contre le racisme. Par contre, elle est toujours susceptible d'amélioration et il est de la compétence du Département de justice et police de soumettre des propositions au Conseil fédéral». Le feu est donc à l'orange mais Christoph Blocher n'a encore fait aucune proposition concrète. «Il faut rendre la loi plus claire, plus sûre et plus univoque», s'est-il contenté de déclarer hier. Il est difficile d'être plus vague mais le chef du DFJP n'en a cure.

«Nous sommes au début d'un processus. Avant toute chose, nous allons procéder à un vaste brain-storming. Un membre de la commission fédérale contre le racisme est associé à ces travaux préliminaires». On n'en saura pas plus pour l'instant. Moritz Leuenberger s'est refusé à tout commentaire sur le style et le ton de la discussion conduite par le Conseil fédéral.

Tout au plus a-t-il indiqué qu'il n'avait pas été question de l'autre polémique concernant Christoph Blocher, à savoir ses déclarations controversées sur l'échec de l'aide au développement en Afrique. /CIM

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