Après le départ des gitans de Collombey-Muraz, l'heure est aux questions

La polémique continue suite au départ, dimanche, des gitans qui avaient squatté un terrain proche d'Illarsaz (VS).

30 juil. 2012, 12:20
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Le départ, dimanche, des gitans qui avaient squatté un terrain proche d’Illarsaz continue de faire polémique. «Un tel rassemblement pose des problèmes sanitaires», avoue le vétérinaire cantonal Jérôme Barras dont les services n’iront pas sur place. «On ne peut pas détecter ainsi une contamination.»

Au niveau du bétail - Simon Turin en possède 900 têtes -, le risque de contamination se nomme Ténia. «En mangeant de la viande non cuite, style steak tartare, qui contiendrait de petites larves, un humain peut attraper un ver solitaire», raconte Jérôme Barras. «Si ensuite cet homme défèque dans un champ, les animaux risquent d’ingurgiter des bouts de ver et ainsi poursuivre ce cycle. Certitude: il ne faudra pas pâturer durant plusieurs semaines.» 

Et de poursuivre: «Lorsque cette chair rejoindra l’abattoir, nous effectuerons des contrôles dans des muscles bien précis (mâchoire, cœur, diaphragme). Si l’on remarque une importante présence de ces petites billes, cette dernière sera déclarée impropre à la consommation et jetée. Si la maladie demeure très contenue, la viande sera alors congelée durant six jours, redevenant ainsi comestible bien qu’elle perde la moitié de sa valeur bouchère.

Qui va payer?

Pour l’heure, les principaux dégâts constatés se situent au niveau des cultures, du maïs notamment.  «Nous sommes prêts à nous déplacer si on nous en fait la demande afin de réaliser une taxation sur les pertes prévisibles en matière des récoltes», souligne le chef du Service de l’agriculture du canton du Valais, Gérald Dayer.

«Malgré les événements,  nous considérons la parcelle comme exploitée à 100%. M. Turin touchera ses payements directs comme prévus. On ne va tout de même pas le punir une deuxième fois! Par contre, il n’existe pas de fond pour palier une perte partielle ou totale d’une récolte. Idem pour la remise en état du terrain.

Ce sont des histoires d’assurances privées. Par contre, nous pourrions octroyer un crédit à l’aide aux exploitations agricoles, remboursable sans intérêt. Celui-ci peut être accordé dans des cas de difficultés financière ponctuelles dont l’exploitant n’est pas responsable.» Dans le cas contraire, la famille Turin devra compter sur des gestes de solidarité.

Un «Plan gitan?»

Après l’UDC et le PDC, le PLR valaisan a pris position, hier, via son président Georges Tavernier et le député-suppléant Philippe Nantermod. Le parti estime que «la législation actuelle tant civile que pénale est suffisante pour empêcher, par la force, l’installation de campements sans autorisation sur le domaine privé ou public.

Il est particulièrement intolérable que des propriétés privées soient utilisées sans autorisation préalable. De plus, cette attitude est d’autant plus inacceptable que des places idoines sont proposées aux gens du voyage dans notre canton. Face à cette situation, le PLR exige du Conseil d’Etat la mise en place d’un «Plan gitan».»