Alors que CFF Cargo s'enfonce, l'ex-régie attaque les Tessinois

En 2007, les CFF ont pu se charger eux-mêmes de leurs «malades», CFF Cargo et la caisse de pension. Mais ils réclament encore et toujours des mesures urgentes. La partie de ping-pong, voire de poker menteur, entre les CFF et les grévistes tessinois s'est poursuivie hier lors de la présentation du bilan annuel à Zurich-Oerlikon. «Ce matin, nous leur avons proposé à peu près trois fois de nous rencontrer, mais ils ont refusé», a indiqué le patron des CFF Andreas Meyer. Les grévistes ont déclaré que le contenu et la nature de la réunion n'étaient pas assez clairs.

03 avr. 2008, 12:00

Les commentaires des CFF à l'encontre des grévistes sont assez durs. «Les employés concernés, au Tessin, gagnent en moyenne entre 15% et 20% de plus que leurs collègues dans des secteurs comparables de la région», a expliqué Andreas Meyer. «Mais il est vrai», a admis le président du conseil d'administration Thierry Lalive d'Epinay, «que nous avons commis l'erreur de promettre que le secteur fret afficherait bientôt un résultat équilibré».

C'est loin d'être le cas: en 2007, l'exercice se solde par une perte 190,4 millions de francs (-37,3 millions en 2006), malgré une croissance du volume de marchandises transportées (+8,3% en millions de tonnes-km, grâce au trafic combiné et à la chaussée roulante). «Le fait que nous puissions financer des provisions et correctifs de 102,5 millions de francs pour assainir CFF Cargo, tout en réalisant un bénéfice opérationnel global de 80,4 millions (réd: contre 259,4 en 2006) montre bien notre solidité», a relevé Thierry Lalive d'Epinay.

Côté voyageurs, les CFF ont battu un nouveau record en transportant 306,7 millions de personnes, soit 7,6% de plus qu'en 2006 et 38% de plus qu'en 2000.

Quant au salaire d'Andreas Meyer, Thierry Lalive d'Epinay a rappelé qu'il a fallu débaucher le «meilleur candidat, et de loin», et le détourner d'une carrière prometteuse et très bien rémunérée à la Deutsche Bahn. Sur un montant de 900 000 francs perçus en 2007, 200 000 francs ont été versés au titre de «prime d'embauche». Pour compenser l'absence de libre-passage, Andreas Meyer a aussi reçu un versement exceptionnel pour sa caisse de pension. Il a dû lui-même verser le même montant. La polémique risque cependant de rebondir: Andreas Meyer a admis hier qu'il avait encore été payé jusqu'à fin 2006 par la DB, alors qu'il a reçu 350 000 francs des CFF pour avoir effectué des analyses et des mandats en 2006 déjà. / AGI-La Liberté