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Aide au suicide dans le collimateur

La Commission nationale d'éthique pour la médecine humaine veut mettre des garde-fous à l'activité des organisations d'assistance au suicide L'assistance au suicide fleurit en Suisse comme nulle part ailleurs. La Commission nationale d'éthique pour la médecine humaine (CNE) recommande d'ancrer dans la loi douze exigences minimales pour éviter les abus.

29 oct. 2006, 12:00

Il s'agit de mieux protéger la vie et de soutenir les individus tentés par la mort face aux organisations d'assistance au suicide, a expliqué la commission hier. Exit et Dignitas accompagnent chaque année vers la mort plus de 350 personnes, dont une centaine de ressortissants étrangers.

«Cette proportion, sans équivalent dans le monde, s'explique par la politique très libérale de notre pays», a indiqué hier le président de la commission d'éthique, Christoph Rehmann-Sutter. Le professeur zurichois juge urgent de renforcer la surveillance de ces entités pour éviter des répercussions sociales «incalculables».

Premier critère de diligence à prendre en compte par le législateur: la capacité de discernement du suicidaire. Le médecin qui prescrit la substance létale doit l'avoir vérifiée et documentée, a expliqué Jean Martin, ex-médecin cantonal vaudois. Deuxième recommandation: seules les personnes endurant une grave souffrance liée à la maladie ou aux suites d'un accident entrent en ligne de compte. On peut difficilement justifier d'aider à mettre fin à leur jour les personnes insatisfaites de leur vie, qui veulent en finir pour des raisons philosophiques ou ont des angoisses existentielles, a argumenté l'expert. Exit ou Dignitas ne devraient pas non plus pouvoir intervenir auprès des malades psychiques, dont la pulsion de mort est un symptôme de la pathologie dont ils souffrent. Ou seulement dans une période libre de maladie.

Le désir de mourir doit être durable et constant: des conditions de vie difficiles, un coup de tête ou un chagrin d'amour adolescent ne peuvent ainsi pas être pris en compte.

Les organisations doivent établir «adéquatement» la situation de vie des suicidants, a par ailleurs précisé Christoph Rehmann-Sutter. Elles doivent soupeser avec le patient toutes les autres pistes, comme les soins palliatifs. De plus, l'évaluation de la situation ne doit pas incomber à une seule personne, mais être confirmée par un deuxième examen indépendant. Ce second avis doit émaner d'une personne compétente en la matière.

Inclinations morbides

Il faut aussi examiner la motivation de ceux qui accompagnent des gens au suicide. Il est ainsi éthiquement injustifiable de profiter d'une situation de détresse ou d'assouvir un goût du macabre et de la mort (thanatophilie). Pour certains accompagnants, qui réalisent jusqu'à 38 assistances au décès par année, cet acte devient une formalité, fait remarquer la commission, D'autres peuvent être complètement dépassés par cette activité. / ats

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