Zurbriggen apprend vite

Même s?il a échoué à deux minuscules centièmes du podium lors du super-G d?Hinterstoder, remporté par Bode Miller, le Valaisan ne regrette rien. Ses récents déboires sont oubliés. Didier Cuche neuvième Hermann Maier franchit la ligne d'arrivée du super-G d'Hinterstoder. L'Autrichien consulte le tableau d'affichage, il pique le troisième rang à Silvan Zurbriggen pour deux centièmes. «Herminator» secoue son casque jaune. Il frappe sa tempe avec son index. Furieux et dépité «contre moi-même» avouera-t-il.
02 août 2015, 00:06

A quelques mètres de lui, Zurbriggen jubile. Le misérable écart qui le prive de son premier podium dans la discipline lui importe peu. Il s'en fout. «C'est un monstre résultat pour moi. Je suis très, très heureux, commence-t-il. Je n'ai aucun regret. C'est le plus grand cadeau de Noël que je pouvais espérer. Je remercie mes entraîneurs, mes coéquipiers et ma famille pour leur soutien après l'incident dont j'ai été victime à Alta Badia dimanche.» Un malheureux pipi dans la nature l'avait conduit, sur dénonciation, au poste de police pour prise d'empreintes digitales et interrogatoire.

«M'élancer en premier a été plus difficile à gérer»

La mésaventure a pesé sur sa performance lors du slalom de lundi. «Je me suis dit: concentre-toi sur le ski maintenant, c'est le plus important.» Le solide gaillard de Brigue-Glis ne recourt pas à l'appui d'un entraîneur mental ou d'un psychologue. «Non, je travaille tout seul.» Cette approche personnalisée lui réussit. «La maison m'attend maintenant. J'y ai passé deux jours durant les sept dernières semaines, je suis impatient de la retrouver.» Zurbriggen était tellement pressé qu'il a oublié son matériel dans l'aire d'arrivée. Le Valaisan l'a récupéré en cours d'après-midi.

Zurbriggen emprunte la voie royale en super-G. Sa progression est fulgurante. Le Valaisan a coché successivement le 0, le 51, le 32, le 15, le 9 et le 4 en course dans cette spécialité en Coupe du monde. «Je profite pleinement de mon intégration dans le groupe d'entraînement, de Défago, de Kernen ou de Cuche. Ils donnent des conseils lors de la reconnaissance ou de l'échauffement.» La relation fonctionne hors piste également. Défago et Zurbriggen se chaussent chez le même fournisseur. Le Morginois a soufflé quelques corrections au niveau des réglages au Haut-Valaisan avant l'épreuve de Val Gardena. «Ils skient très fort à l'entraînement et je dois m'engager pour suivre la cadence, poursuit Zurbriggen. Ce sont de vrais coéquipiers.»

«Rien à perdre»

Zurbriggen est un homme patient. Il a attendu le 30e concurrent pour quitter le podium qu'il a squatté dès son arrivée avec le dossard No 1. «L'attente a été très agréable, merci. M'élancer en premier a été plus difficile à gérer. Lors du dernier super-G, je portais le 51, j'avais suivi la descente des 30 premiers à la télévision, les autres Suisses m'avaient donné des tuyaux par radio. C'était vraiment spécial. Le revêtement était glacé, je n'ai jamais skié un super-G sur une piste aussi dure. Je me suis posé plein de questions pour le réglage de mes skis, puis je me suis dit: «Vas-y, tu n'as rien à perdre.»» Le Haut-Valaisan (26 ans) a tout gagné avec le deuxième meilleur résultat de sa carrière en Coupe du monde. / SFO

Cuche pas loin du podium

Daniel Albrecht (12e) et Marc Berthod (16e) ont réussi à s?intercaler entre Didier Cuche (9e) et Didier Défago (19e). «La piste était plus difficile que celles sur lesquelles nous courons d?habitude en super-G, avoue le Valaisan. La pente exigeait beaucoup d?efforts. Elle n?offre aucun répit après la partie plane au départ.» Didier Cuche partageait son analyse. «Une minute dix de course, ce n?était pas si court que cela finalement. Ça tournait beaucoup. Seules les dix premières secondes permettaient de «se reposer». Sans faire de fautes, je pouvais aller chercher le podium.» Le Neuchâtelois et Bode Miller, le vainqueur du jour, partagent le même fournisseur de skis. «Nous savons que les lattes sont performantes. Bode skie sur une autre planète actuellement en super-G. Ça motive, mais Miller a son style, ses angles, ses longueurs de jambes. Il a une position totalement différente de la mienne. Il m?appartient de trouver celle qui me convient.» Aujourd?hui, Cuche et Défago se frotteront à la même piste, en géant cette fois-ci (10h30 et 13h30). / SFO

Lindsey Kildow et les autres...

Les descentes se suivent et se ressemblent à Val d?Isère: show des Américaines et coups d?éclat de la jeune Suissesse Dominique Gisin. Troisième la veille, Lindsey Kildow a triomphé lors de la seconde course, devançant sa compatriote Julia Mancuso, qui s?était, elle, imposée 24 heures plus tôt.

Cette victoire, la sixième de sa carrière, permet à Kildow (22 ans) de signer le doublé dans la station savoyarde après son succès en 2005. La native de Minneapolis assoit surtout son règne en descente, elle qui a aligné quatre podiums (dont deux victoires) en autant d?épreuves cette saison. Kildow a atomisé la concurrence, larguant sa dauphine à plus d?une seconde.

L?étape de Val d?Isère a permis à la crème de la descente de conforter son hégémonie, avec Renate Götschl, Alexandra Meissnitzer (6e) et Kelly Vanderbeek (7e). Les noms figurant dans le top 7 sont d?ailleurs les mêmes lors des deux descentes. «Il y a actuellement des filles qui sont intouchables» a reconnu Sylviane Berthod. La Valaisanne, 17e, a perdu quatre rangs en 24 heures. «Essayé pas pu» a-t-elle commenté, reconnaissant ne pas comprendre les raisons de ce «mauvais résultat». Très dépitée, la skieuse de Champlan a ajouté que «je lutte depuis des années et je commence à être fatiguée de me battre pour rien».

Sa coéquipière Dominique Gisin a, elle, continué de brûler les étapes. Du haut de ses 21 ans et avec ses cinq courses de Coupe du monde à son compteur, l?Obwaldienne s?est une nouvelle fois classée neuvième. «C?est un beau cadeau de Noël, a-t-elle plaisanté. J?ai fait une faute peu après le départ. J?ai alors pris tous les risques et ça a payé.» Après un début de carrière miné par les blessures, la fille d?Engelberg se découvre des ambitions. «Je viens de faire deux bons résultats en descente. Mais, à l?avenir, je veux briller dans les quatre disciplines.»

Catherine Borghi a aussi fait preuve de régularité lors de la dernière descente disputée sur la piste Oreiller-Killy (en vue des Mondiaux de 2009, Val d?Isère organisera ses épreuves sur d?autres sites). La Vaudoise a pris encore une fois le 15e rang, à l?issue de ce qu?elle a qualifié de «bonne manche sans plus». Cette prestation lui permet en tout cas de répondre aux critères de Swiss-Ski pour envisager une participation aux Mondiaux d?Are en février prochain (une fois dans les 7, ou deux fois dans les 15). / i

Classements

MESSIEURS Hinterstoder (Aut). Super-G: 1. Miller (EU) 1?09??76. 2. Fill (It) à 0??79. 3. Maier (Aut) à 0??94. 4. Zurbriggen (S) à 0??96. 5. F. Strobl (Aut) à 0??97. 6. Büchel (Lie) à 1??09. 7. Streitberger (Aut) à 1??10. 8. Staudacher (It) à 1??11. 9. Didier Cuche (S) à 1??15. 10. Dénériaz (Fr) à 1??18. 11. Svindal (No) à 1??19. 12. Albrecht (S) à 1??22. 13. Girardi (It) à 1??30. 14. Guay (Can) à 1??32. 15. de Tessières (Fr) à 1??38. 16. Berthod (S) à 1??40. Puis les autres Suisses: 19. Défago à 1??52. 26. Brand à 1??91. 42. T. Grünenfelder à 2??39. Eliminés: Grugger (Aut), Kernen (S), Hoffmann (S). Notes: Daniel Albrecht (dossard 43) a dû interrompre son parcours ? alors qu?il n?avait que trois dixièmes de retard ? en raison d?un officiel présent sur la piste. Il est reparti avec le dossard 61. Coupe du monde Général (après 13 des 38 épreuves): 1. Miller (EU) 440. 2. Svindal (No) 421. 3. Didier Cuche (S) 392. 4. Fill (It) 338. 5. Kucera (Can) 253. 6. Ligety (EU) 252. 7. Nyman (EU) 250. 8. Maier (Aut) 238. 9. Büchel (Lie) 237. 10. Palander (Fin) 227. Puis les autres Suisses: 12. Défago 215. 15. Zurbriggen 176. 27. Berthod 115. 34. Kernen 96. 36. Albrecht 91. 50. Hoffmann 59. 73. Gini et T. Grünenfelder 26. 103. Janka 11. 106. J. Grünenfelder 10. 114. Brand 5. Super-G (3/6): 1. Miller (EU) 218. 2. Kucera (Can) 162. 3. Fill (It) 140. 4. Maier (Aut) 110. 5. Didier Cuche (S) et Gruber (Aut) 108. Puis les autres Suisses: 11. Zurbriggen 79. 14. Défago 62. 17. Kernen 43. 28. Albrecht 22. 34. Berthod 15. 35. Hoffmann 13. 43. Brand 5. DAMES Val d?Isère (Fr). Descente: 1. Kildow (EU) 1?38??06. 2. Mancuso (EU) à 1??24. 3. Pärson (Su) à 1??44. 4. Götschl (Aut) à 1??51. 5. Jacquemod (Fr) à 1??84. 6. Meissnitzer (Aut) à 1??90. 7. Vanderbeek (Can) à 1??97. 8. Fischbacher (Aut) à 2??29. 9. Gisin (S) à 2??46. 10. Brydon (Can) à 2??72. 11. Marchand-Arvier (Fr) à 2??76. 12. Styger (S) à 2??83. 13. Clark (EU) à 2??84. 14. Bent (Su) à 2??86. 15. Borghi (S) à 2??89. Puis les autres Suissesses: 17. Berthod à 2??96. 20. Aufdenblatten à 3??00. 22. Schild à 3??02. 23. Alpiger à 3??03. 24. Dumermuth à 3??07. 38. Grand à 3??65. 48. Casanova à 3??89. Coupe du monde Général (10/35): 1. Götschl (Aut) 441. 2. Hosp (Aut) 436. 3. Kildow (EU) 435. 4. Schild (Aut) 377. 5. Pärson (Su) et Zettel (Aut) 310. 7. Mancuso (EU) 279. 8. Jacquemod (Fr) 210. 9. Kirchgasser (Aut) 208. 10. Vanderbeek (Can) 185. Puis les Suissesses: 17. Schild 117. 18. Styger 116. 20. Berthod 105. 24. Aufdenblatten 95. 36. Gisin 58. 39. Dumermuth 56. 41. Casanova 50. 44. Borghi 43. 68. Alpiger 21. 83. Pünchera 8. 85. Grand 5. 92. Suter 3. Descente (4/9): 1. Kildow (EU) 340. 2. Götschl (Aut) 225. 3. Mancuso (EU) 206. 4. Pärson (Su) 176. 5. Fischbacher (Aut) 148. Puis les Suissesses: 10. Berthod et Styger 92. 15. Gisin 58. 18. Dumermuth 51. 19. Casanova 50. 20. Aufdenblatten 49. 23. Borghi 43. 29. Schild 31. 34. Alpiger 21. 46. Grand 1. Par nations: 1. Autriche 4367 (messieurs 1944 + dames 2423). 2. Etats-Unis 2104 (1139 + 965). 3. Suisse 1899 (1222 + 677). 4. Italie 1578 (1133 + 445). 5. Canada 1443 (911 + 532). / si