Un titre à assumer

Champion en titre, Berne ne baronne pas en ce début de championnat. Caryl Neuenschwander (26 ans) est comme son équipe: il a de la peine à retrouver le rythme. Les rumeurs de transfert à FR Gottéron n'arrangent rien...

02 nov. 2010, 09:07

Tout va très vite en hockey, sur la glace et en dehors. Les Bernois s'en sont aperçu dimanche à Bienne où ils ont pris une déculottée historique (7-1). Jamais l'Ours n'était reparti aussi mal en point du Stade de glace. «Cela prouve que rien n'est jamais facile», sanctionne Caryl Neuenschwander. «Nous étions dans le coup pendant trente minutes, mais après tout s'est précipité.» L'addition finale a fait mal. La revanche de ce soir à Berne promet.

Ce douloureux revers souligne le départ difficile des champions. «C'est vrai que ça ne tourne pas superbien», reconnaît l'ailier de la BernArena. «Toute l'équipe n'évolue pas à son meilleur niveau. Nous manquons de constance et nous avons perdu des points bêtement.»

Le syndrome du champion semble frapper les hommes de Larry Huras. «Après avoir été champions, c'est vrai qu'inconsciemment, on a parfois moins faim», admet le No 24 bernois. «Cette saison, nous n'avons rien à gagner, mais quelque chose à défendre. L'approche est différente. Quand tout a bien fonctionné pendant une saison, c'est difficile de répéter la même chose. Tout cela se voit sur la glace.» Et les résultats ne suivent pas toujours. Berne n'est certes pas en danger à son cinquième rang, mais les supporters des Ours sont exigeants.

Avec ou sans titre, la recette de Huras n'a pas changé. «Notre jeu est d'abord basé sur la défensive», confirme Caryl Neuenschwander. «Notre entraîneur estime qu'une bonne défense gagne un championnat. Nous jouons donc beaucoup en contres. Quand ça ne rentre pas, tout devient plus compliqué. Nous ne nous créons pas autant d'occasions que Kloten ou Davos. Il faut donc être plus réalistes.»

Avec ses quatre points (0 but-4 assists) en 19 matches, le Chaux-de-Fonnier ne contribue pas à remplir la case des buts marqués. «Mon rôle n'a pas changé», rectifie-t-il. «Je suis là pour défendre, apporter de l'énergie et de la vitesse. Je suis souvent aligné dans la quatrième ligne, comme Gamache et Dubé. Ce n'est pas comme ça que l'on marque des buts.»

Mais Caryl Neuenschwander ne cache pas une certaine déception. «Je ne suis pas trop content de moi», avoue-t-il. «Je me suis fixé des objectifs trop élevés. Physiquement, j'étais prêt en début de saison, mais mentalement je me suis mis trop de pression. J'ai essayé de changer ma façon de jouer et ça ne marche pas. J'ai voulu forcer les choses et trop bien faire. Il faut que je revienne aux bases, que je joue plus instinctivement. C'est comme ça que je m'exprime le mieux.»

Les bruits de son éventuel retour à FR Gottéron l'ont déstabilisé. «C'est vrai que j'ai des contacts avec Fribourg, mais rien n'est fait», coupe-t-il. «Berne veut aussi connaître mes intentions, mais ce n'est pas ma priorité. Je veux avant tout retrouver mon niveau de jeu. Après, on verra. Je ne veux pas trop penser à mon avenir, ni réfléchir. ça prend la tête et du temps.»

Pas facile d'avoir un titre à assumer... /JCE