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Le Ponlier devenu Tessinois

Félicien Du Bois se sent comme chez lui au Tessin, où il vit depuis bientôt sept ans. Le joueur d'Ambri-Piotta, que vous avez élu sportif neuchâtelois de l'année, est bien dans sa peau et bien sûr la glace Nos lecteurs l'ont élu Sportif neuchâtelois de 2005. Lui, il ne se prend pas la tête. Il assume la chose avec sourire et humour. Félicien Du Bois est lucide et modeste. Pour un jeune homme de 22 ans, il a la tête drôlement bien plantée sur les épaules. Il faut dire que la vie lui a appris à relativiser. Son terrible accident de la circulation, le décès de sa soeur et son départ au Tessin ont forgé son caractère, l'ont rendu mûr et humble. Il attache ainsi moins d'importance que d'autres à certaines contraintes et désagréments que comporte la vie d'un hockeyeur professionnel. Mais Félicien Du Bois n'en est pas moins un joueur ambitieux et valeureux. Depuis quelques saisons, il a pris du grade et de la bouteille. Coté et courtisé, il frappe très fort à la porte de l'équipe de Suisse et certains voient en lui un des futurs grands défenseurs de ce pays. «C'est vrai que tout est allé très vite pour moi depuis trois ans» livre-t-il en roulant sur l'autoroute entre Ambri-Piotta et Abredo, son domicile. Une route sur laquelle il a failli perdre la vie un certain 12 octobre 2003 lors d'une collision frontale avec un chauffard roulant à contresens.

02 févr. 2006, 12:00
L'accident, un tournant

En fait, son accident a représenté un tournant. «C'est ainsi que je me suis fait connaître, constate-t-il. Avant, j'étais un petit junior qui ne parvenait pas à percer. Ensuite, j'ai commencé à beaucoup jouer. J'ai bénéficié d'un concours de circonstances à mon retour au jeu au début de 2004. J'ai su saisir ma chance à ce moment-là.»

Une chance que lui a donnée un certain Riccardo Fuhrer. «Je sais qu'il n'est pas très apprécié et qu'il a des méthodes particulières, mais cet entraîneur m'a beaucoup aidé dans ma carrière, explique-t-il. Il m'a ensuite confié de nombreuses responsabilités. J'ai peut-être commencé en LNA plus tard que certains autres joueurs de ma génération, mais mes bases étaient solides et j'ai pu continuer sur cette voie.» De fil en aiguille, Félicien Du Bois est ainsi devenu un des piliers d'Ambri-Piotta.

«Aux Ponts-de-Martel, j'ai l'impression d'être en vacances»

Le Ponlier aurait très bien pu partir de Léventine, mais il se plaît bien dans cette région. «Ma vie est ici, déclare-t-il. Cela fait sept ans que j'habite le Tessin. Dans deux ans, quand mon contrat arrivera à son terme, j'aurai passé 9 ans sur 24 dans cette région. C'est ici que j'ai la plupart de mes copains et je me suis bien intégré. En réalité, quand je retourne aux Ponts-de-Martel, j'ai l'impression d'être en vacances.» Bref, le Ponlier est devenu Tessinois.

Tout n'a pourtant pas été toujours simple pour le jeune Félicien lorsqu'il a débarqué à 15 ans dans une famille d'accueil à Airolo. «C'était mon choix, raconte-t-il. J'avais eu de bons contacts avec les hockeyeurs tessinois en sélection nationale M16. Le déclic c'est alors produit. J'ai décidé de tenter ma chance ici, surtout pour apprendre l'italien. Le hockey n'était plus vraiment ma priorité à l'époque. J'avais toujours rêvé de devenir hockeyeur professionnel, mais je n'y pensais plus trop. Tout le monde me disait que j'étais trop petit et je n'avais plus tellement la foi.» Le petit Félicien a pourtant rapidement grandi, et pas seulement physiquement (185 cm).

Son aventure tessinoise l'a vite fait mûrir. «Au début, c'était très dur, avoue-t-il. Je ne m'étais pas vraiment rendu compte de ce qui m'attendait. Il m'est arrivé plusieurs fois de me dire: «qu'est-ce que je suis venu faire ici». J'ai traversé des grands moments de solitude. Je n'avais pas de copains, je ne comprenais pas bien l'italien et encore moins le dialecte tessinois. Entre l'école et le hockey, les journées étaient très longues. Mais j'ai continué. Je suis assez orgueilleux de nature et j'ai voulu assumer mon choix jusqu'au bout.»

Au bout de quatre ans, Félicien Du Bois avait sa maturité commerciale en poche et sa carrière sportive était lancée. Son défi était gagné. Il est prêt à en relever d'autres. /JCE

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