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Un dur au cœur tendre

18 juil. 2011, 10:45

S'il en est un qui se fiche de son image, c'est bien Mark Cavendish. Le Britannique peut bien être le meilleur sprinter du monde, le seigneur incontesté de la ligne droite. Il n'en est pas moins, aussi, une véritable «tronche», le roi incontestable, cette fois, de la provocation et des gestes que la morale réprouve.

Des exemples? En 2010, sur les routes du Tour de Romandie, il fête un succès à Fribourg en faisant un bras d'honneur à ses détracteurs. «Je voulais leur montrer que je suis toujours là», se défend-il alors. «Ce geste s'adresse à tous ceux qui m'ont critiqué et qui ne connaissent rien au cyclisme.» Son équipe, HTC-Columbia, l'exclut de la course. Quelques semaines plus tard, dans le Tour de Suisse, il provoque une terrible chute en déviant de sa ligne. Deux coureurs - Heinrich Haussler et Arnaud Coyot - quittent l'épreuve. Le lendemain, trois équipes retardent le départ afin de protester contre le comportement du sprinter britannique. «C'est un message pour lui demander plus de respect», témoigne Gilles Mas, le directeur sportif de l'équipe AG2R dont un autre coureur, Sébastien Hinault, a reçu des coups de coude de la part de Cavendish.

Face aux reproches de ses pairs, le Britannique crache à leurs pieds… Samuel Dumoulin résume alors un sentiment quasi général. «Je n'aime pas Cavendish. Il est irrespectueux, toujours en train de gueuler sur ses adversaires et sur ses coéquipiers.»

Des rapports difficiles

En France, il entretient des rapports compliqués avec la plus grande course du monde. En 2009, il est déclassé pour avoir tassé Thor Hushovd contre les barrières. «On me persécute parce que je gagne trop facilement», estime-t-il. Il lâche aussi un «putain de pays» alors qu'il attend l'embarquement à l'aéroport de Tarbes. Dans «L'Equipe», des coureurs crient leur colère après s'être fait traiter de «putains de Français». La polémique prend une dimension nationale. «Je suis un trou du cul», acquiesce l'intéressé. «Mais je ne suis pas raciste. D'ailleurs, je fais l'effort d'apprendre le français…»

Depuis le départ, Mark Cavendish ne fait rien pour calmer le jeu. Dès le premier sprint intermédiaire, il s'accroche avec Thor Hushovd. Les deux hommes seront déclassés. A Redon, il réplique déjà sèchement à ceux qui se gargarisent d'une première défaite au sprint. «Ne m'enterrez pas trop vite! Sceptiques, regardez-vous! Il n'y a pas plus stupide que celui qui ne sait rien mais croit tout savoir.»

Deux jours plus tard, lorsqu'un journaliste lui fait remarquer, à tort, que Rojas entend déposer une réclamation contre lui, le Britannique s'emporte. «Ce n'est pas à moi qu'il en veut, mais à Petacchi. Arrêtez de toujours vouloir m'accuser.»

«Pour mon chien»

Le garçon peut aussi se montrer très sensible. Et verser quelques larmes, à l'occasion. Ainsi, à Redon, il reconnaissait avoir été déstabilisé par l'annonce de la perte de son… chien. Avant de lui rendre hommage, deux jours plus tard. «Je veux dédier cette victoire à mon chien, Amber. C'était pour moi comme un bébé.» Que penser, encore, de cette déclaration complexe sur Twitter, après son deuxième succès à Châteauroux? «Le Tour me rend plus émotif qu'une femme ménopausée…»

Sur la route, là où, finalement, il s'exprime le plus souvent, son langage est plus convenu. Dès le moment où la route est large, qu'elle est plutôt plate et que l'arrivée pointe au bout d'une ligne droite, c'est pour lui. Dans la roue de ses coéquipiers de la HTC, il est rare qu'il laisse filer la victoire.

En France, il a déjà levé dix-neuf fois les bras au ciel, rejoignant puis dépassant un certain Jacques Anquetil au nombre de succès. Est-il besoin de rappeler que le Britannique n'a que 26 ans, qu'il n'a eu besoin que de quatre éditions pour supplanter le quintuple vainqueur et qu'il est appeler à décrocher d'autres lauriers. Parce qu'avec un guidon entre les mains, il est le meilleur.

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