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Roger Federer jamais aussi fort qu'en deuxième semaine

Facile vainqueur de Jürgen Melzer en 8e de finale de Wimbledon (6-3 6-2 6-3), Roger Federer n'est jamais aussi dangereux que pendant la deuxième semaine d'un Grand Chelem. Tomas Berdych est prévenu.

29 juin 2010, 10:11

Interrogé samedi sur l'éventualité d'un match piège face à Jürgen Melzer (29 ans, ATP 16), demi-finaliste à Roland-Garros au début du mois, Roger Federer, un brin vexé, avait donné cette réponse qui lui paraissait alors évidente: «Je ne m'en fais pas, car plus mon adversaire est fort, et mieux je joue.»

Hier, le No 2 mondial a montré qu'il était beaucoup plus confiant en son tennis que dans l'acuité de ses demandes de «challenges» électroniques. Ce n'est un secret pour personne, Federer n'a jamais apprécié l'introduction de l'«œil de faucon». Et le moins que l'on puisse écrire, c'est que celui-ci le lui rend bien.

Un piège, Melzer? «Peut-être, mais je pense avoir très bien joué. Face à des joueurs un peu moins dangereux, tu as le temps de te poser beaucoup de questions: est-ce que je refuse mon revers pour frapper en coup droit, est-ce que je me contente de «slicer», est-ce que je croise... En début de tournoi, quand tu cherches encore tes marques, cela peut te poser quelques problèmes», explique le Bâlois. «Contre un gars comme Melzer, tout est plus clair dans ta tête. Je savais qu'il allait taper fort dans la balle et monter au filet. Pour le contrer, j'ai donc fait la même chose et été agressif dès le retour de service.»

Le talent et l'expérience ont fait la différence. En effet, bien que doté d'une «bonne main», l'Autrichien n'a jamais trouvé le bon rythme, s'inclinant 6-3 6-2 6-3 en 84 minutes. Un score dur, mais juste. Et, avec le recul du journaliste toujours beaucoup plus intelligent après qu'avant, tellement prévisible...

Car dans les vestiaires du circuit ATP, il est une règle d'or que les joueurs ont érigée en profession de foi: Federer n'est jamais aussi dangereux que pendant la deuxième semaine. Sa série de 23 demi-finales en Grand Chelem, un record seulement brisé par son échec devant Robin Söderling en quart de finale à la Porte d'Auteuil, en est la plus limpide des preuves. Wimbledon n'échappe pas à la règle.

L'usure aidant, le tenant du titre a trouvé en le gazon du Centre Court un allié de circonstance. «Depuis lundi passé, les terrains ont extrêmement changé. Le soleil les rend plus durs, mais il y a beaucoup moins d'herbe, notamment derrière la ligne de fond. Je glisse moins, mes appuis sont meilleurs et mes coups aussi», précise-t-il. Le bandage sur la cuisse qu'il portait face à Alejandro Falla au premier tour a disparu, signe que le corps, plus sollicité sur gazon que sur terre battue, tient le choc.

Federer peut sortir un deuxième atout de sa manche: habitué des lieux, il connaît le moindre recoin du Central, au contraire de son contemporain viennois, avec qui il a joué en double chez les juniors. Melzer n'a-t-il pas semblé impressionné, puis agacé lorsque les encouragements en sa faveur - bienveillant, le public anglais prend souvent fait et cause pour le «petit» - redoublaient? «J'ai déjà joué de très gros matches ici», reprend le sextuple champion de Wimbledon. «Je ne suis plus rattrapé par l'enjeu ou même le prestige que représente ce court. Mais il m'arrive aussi de me sentir nerveux avant une telle rencontre. Je n'avais jamais affronté Jürgen, et c'est l'un de mes bons amis.»

Le Tchèque Tomas Berdych (24 ans, ATP 13), son adversaire en quart de finale, n'en fait pas partie. Les deux hommes disputeront demain leur dixième duel. Federer en a remporté huit. /PSA

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