Une équipe helvétique déchirée

21 janv. 2010, 11:44

Les Suissesses frappent fort lors du premier entraînement de la descente de Cortina. Fraenzi Aufdenblatten signe le meilleur temps, Nadia Styger la suit à vingt centièmes. Julia Mancuso les précède, mais l'Américaine a escamoté une porte. «Ça commence bien», se réjouit Hugues Ansermoz.

Le Vaudois vit une transition abrupte entre les échecs de Maribor, le seizième rang de Fabienne Suter en slalom géant comme unique résultat, et un rendez-vous prometteur dans les Dolomites. A sa gauche, un groupe de techniciennes dont le recul dans les classements se poursuit inexorablement. A sa droite, des spécialistes de vitesse qui foncent vers les marches du podium. «Vivre une telle situation est très spécial», reconnaît le patron de l'équipe nationale féminine. «Ici, chez les descendeuses et les super géantistes, une énergie incroyable se dégage. Tout est positif. Les gags et les plaisanteries sont bien accueillis. On n'ose pas le faire avec les techniciennes tant le sérieux prédomine, on a peur d'être mal interprété et d'accroître la tension. L'ambiance a toujours été différente entre les deux groupes, mais jamais aussi contrastée.»

Les raisons de ces trajectoires opposées demeurent des points d'interrogation. «Nous avons essayé de reporter en slalom ce qui avait fonctionné en vitesse», explique Ansermoz. «Les approches ont varié. Nous avons adopté des méthodes dures, puis nous avons relâché la pression pour travailler sur la confiance. On avait tenté de composer un groupe très large dans l'espoir que les filles moins performantes haussent leur niveau de ski au contact des meilleures, comme en descente ou en super-G avec Nadja Kamer ou Andrea Dettling. Le contraire se produit. Aline Bonjour et Rabea Grand régressent.»

Les difficultés n'ont pas épargné la descente et le super-G. «Tout a tourné à Val d'Isère. Cinq filles terminent dans les six premières du super-G, chacune prend conscience qu'elle peut gagner ou monter sur une marche du podium. Les moins bonnes peuvent entrer dans les quinze. En slalom, chacune pense à sauver le minimum. Les plus compétitives aspirent simplement à entrer dans les quinze.»

Les succès des Suissesses dans les disciplines de vitesse accentuent la crise des slalomeuses. «Tout le monde insiste sur les bons résultats de Val d'Isère ou de Haus. Elles entendent régulièrement: regardez les descendeuses comme elles marchent. La comparaison les enfonce encore un peu plus.»

La saison olympique modifie la donne. «Les médailles sont l'unique référence lors des Jeux», souligne Ansermoz. «Je préfère avoir plusieurs options dans un domaine et aucune dans l'autre plutôt que d'être moyen partout.» Le douzième rang de Fabienne Suter lors du géant de Sölden est la meilleure marque d'une Suissesse cette saison dans une épreuve tournante. C'est loin, très loin des médailles.

COUPE DU MONDE DAMES

Cortina d'Ampezzo (It). Premier entraînement chronométré en vue de la descente dames de samedi: 1.* Julia Mancuso (EU) 1'40''17. 2. Fränzi Aufdenblatten (S) à 0''24. 3. Nadia Styger (S) à 0''44. 4. Maria Riesch (All) à 0''45. 5.* Ingrid Jacquemod (Fr) à 0''47. 6. Chemmy Alcott (GB) à 0''55. 7. Fabienne Suter (S) à 0''68. 8. Lindsey Vonn (EU) à 0''82. 9. Marie Marchand-Arvier (Fr) à 0''94. 10. Britt Janyk (Can) à 0''96. Puis: 13. Martina Schild (S) à 1''05. 15. Anja Pärson (Su) à 1''17. 22. Monika Dumermuth (S) à 1''73. 29. Andrea Dettling (S) à 2''08. 34. Nadja Kamer (S) à 2''58. * = porte manquée