Marcel Hirscher fait une razzia sur Adelboden

Vainqueur hier du géant, l'Autrichien Marcel Hirscher s'est à nouveau porté en tête du slalom d'Adelboden.
08 janv. 2012, 17:54
hirscher

Marcel Hirscher est entré dans l'histoire d'Adelboden. Le prodige autrichien a raflé le géant (samedi) et le slalom (dimanche), devenant le premier à signer un tel doublé dans l'Oberland bernois.

L'Allemand Ludwig Leitner avait certes réussi cet exploit, mais c'était en 1960 avant le lancement de la Coupe du monde. Depuis, seul Benjamin Raich avait frôlé le week-end parfait (1er et 2e en 2007). «C'est un grand honneur. Je reconnais toutefois que j'y ai peu pensé. Je réaliserai dans quelques semaines», a confié Hirscher.

Du haut de ses 22 ans, le skieur de Salzbourg a raison de ne pas s'attarder sur les livres d'histoire, lui qui est actuellement en pleine bourre. Depuis le début de la saison, il a déjà glané cinq succès. Encore mieux, il a gagné trois courses en quatre jours, s'il on tient compte de son triomphe de jeudi en slalom à Zagreb.

Duel de générations

A Adelboden, Hirscher a encore fait preuve d'une sacrée force mentale en s'imposant face à des adversaires largement plus aguerris. En géant, c'est Benjamin Raich (33 ans) qui a échoué face à son jeune coéquipier. Et lors du slalom, le rôle du dauphin est revenu au Croate Ivica Kostelic (32 ans). «J'aime quand mes rivaux me mettent sous pression, cela me pousse à me surpasser», a-t-il expliqué.

Même battus, ses aînés y sont allés de leurs compliments. «Pour son âge, sa constance est incroyable. Il est le skieur du moment et du futur», a estimé Raich. Quant à Kostelic, il s'est reconnu en son rival: «Il surfe sur la vague du succès. Je connais ce sentiment. On a l'impression que rien ne peut nous arriver.»

Sur la toujours aussi difficile piste du «Chuenisbärgli», Hirscher a aussi impressionné avec sa technique, et notamment sa capacité à se récupérer après le moindre déséquilibre. «Cela a été des courses très difficiles, à la limite du skiable», a-t-il toutefois reconnu, après avoir triomphé sur une piste creusée et enveloppée de brouillard.

Schmidiger se rapproche

Pour le public d'Adelboden (40'500 spectateurs en deux jours), la seule satisfaction suisse du week-end est venue de Reto Schmidiger. Benjamin des 71 slalomeurs engagés dimanche, le Nidwaldien de 19 ans s'est classé au 13e rang.

«J'essaie de devenir le plus régulier possible et d'accumuler le maximum de points», a-t-il dit. Cette tactique s'avère payante: le skieur d'Hergiswil reste sur quatre top 30 et sa 13e place constitue son meilleur résultat de la saison. «Le slalom est avant tout une question de mental. Tout va bien pour moi pour l'instant. Je prends beaucoup de plaisir à skier», a relevé le double champion du monde juniors de slalom.

Albrecht évoque sa retraite

Tous ses coéquipiers ne peuvent pas en dire autant. A commencer par Marc Berthod et Daniel Albrecht. Il y a quatre ans, le Grison et le Valaisan avaient écrit l'une des plus belles pages d'Adelboden en réussissant un doublé en géant. Mais aujourd'hui, tous deux n'en finissent plus de sombrer.

En panne totale de confiance, Berthod n'a plus marqué de points depuis sept courses. Concernant Albrecht, il semble certain qu'il ne se remettra jamais de sa terrible chute de Kitzbühel en janvier 2009. Samedi, le skieur de Fiesch a évoqué pour la première fois une éventuelle retraite sportive.

Une affaire de spécialistes

Pour Carlo Janka, le géant n'a pas donné lieu à un miracle. Toujours en délicatesse avec son dos, le Grison s'est classé 12e, un résultat qu'il a jugé «correct» au vu de sa forme du moment.

Lors de ce même géant, Didier Cuche a terminé au 16e rang, après une prometteuse première manche (8e). Selon le Neuchâtelois, il est de plus en plus difficile de rivaliser avec les spécialistes de la discipline.

«Contrairement à ceux qui doivent également s'entraîner en vitesse, ils sont toujours sur leurs skis de géant à enchaîner les piquets. Alors que je me cherche encore sur certains secteurs, eux, ils font tout à l'instinct. Leur timing est extraordinaire», a remarqué Cuche, qui aura tout loisir de s'exprimer samedi prochain dans «sa» discipline, lors de la descente de Wengen.