La référence absolue, c'est Didier Cuche

La constance et la puissance de Didier Cuche l'imposent comme le skieur numéro un de la Coupe du monde masculine.
29 janv. 2010, 12:01

Didier Cuche fait l'unanimité. Il est sans rival quand se pose la question du skieur de référence en Coupe du monde aujourd'hui. Le Neuchâtelois recueille le suffrage, individuel ou partagé, de Patrice Morisod, de Steve Locher et de Didier Bonvin. Sa constance l'intronise numéro un.

«Didier Cuche, c'est la bible du ski», commente Patrice Morisod, entraîneur des descendeurs français après de nombreuses années à la tête du groupe vitesse de l'équipe suisse. «Ma référence précédente s'appelait Michaël von Grünigen, il représentait la perfection au niveau technique. Didier Cuche a acquis une stabilité similaire sur les skis, il y a ajouté la force et la puissance. On peut s'inspirer de ce qu'il fait. Bode Miller ou Daniel Albrecht iront plus vite dans certaines courbes, le premier par la prise de risques, le second par sa vivacité. Didier Cuche sera devant sur la longueur, parce que c'est le coureur qui va le plus vite en prenant le moins de risques.»

La double victoire de Cuche à Kitzbühel marque Didier Bonvin. «Il a donné l'impression que tout était facile et simple pour lui», relève l'ancien patron de l'équipe de France. Benjamin Raich et Carlo Janka ont également droit à la citation. «Raich pour l'ensemble de sa carrière depuis que je l'ai découvert aux Mondiaux juniors en 1998. Janka pour ce qu'il réussit aujourd'hui. C'était un garçon si discret dans les cadres juniors que nous le remarquions uniquement lorsqu'il faisait un résultat», motive l'ancien chef de la relève de Swiss-ski.

Steve Locher apprécie les performances de Didier Cuche, son ancien coéquipier. «Un travail très dur lui apporte cette reconnaissance après une carrière durant laquelle les coups du sort ne l'ont pas épargné. Il a toujours skié avec une grande sécurité dans sa technique et sa position. Les pistes verglacées lui permettent de les exploiter pleinement», confie le Valaisan, engagé auprès du centre national de performance de Brigue. «La Coupe du monde n'est pas la meilleure source d'inspiration directe pour les juniors. Les jeunes pourront difficilement copier ce que Didier réussit en raison de la différence de morphologie. A 35 ans, il s'appuie sur une force phénoménale, acquise par l'entraînement, qu'ils ne possèdent pas. Un an d'adaptation sur les skis sera nécessaire à un jeune qui accentue son travail de force durant la préparation estivale. Cet effort peut se traduire par un gain de quatre ou cinq kilos. Il faut apprendre à transférer cette puissance supplémentaire sur les lattes. Un débutant comme Marcel Hirscher est plus facile à imiter.»

L'émulation est plus profitable au niveau de la Coupe du monde. «Chaque athlète observe les coureurs qui gagnent, mais on ne peut pas skier comme eux», enchaîne Steve Locher. «Von Grünigen était notre modèle en géant, puis Hermann Maier a débarqué. Il est devenu un exemple pour le super-G, mais pas pour le géant, parce qu'il avait une force incroyable. Bode Miller tire des courbes exceptionnelles parfois. Benjamin Raich est très fort techniquement. Chacun tente de prendre un ou deux éléments des meilleurs.»

Dans les noms cités n'apparaît jamais Aksel Lund Svindal, double vainqueur du classement général de la Coupe du monde en 2007 et 2009. «Il est tellement grand. On ne skie pas comme un type de 1m95», explique Patrice Morisod. Avec 21 centimètres de moins, Didier Cuche ne connaît pas ce problème de taille. Il est simplement la plus grande référence du ski actuel. /SFO

Hors pistes à Kranjska Gora

Silvan Zurbriggen aligné en géant
Silvan Zurbriggen participera au géant de Kranjska Gora aujourd'hui. «Je me lancerai, on verra ce que ça donne», confie le deuxième du slalom de Schladming. «La neige n'est pas la même qu'en Autriche, c'est plus mou. J'espère que d'ici dimanche (réd: date du slalom), nous nous rapprocherons de la glace que nous avions mardi. C'était parfait.»

Davide Simoncelli freine
Se retrouver à Kranjska Gora ne réjouit pas Davide Simoncelli. L'Italien occupait la tête de la première manche du slalom géant d'Adelboden avant l'annulation de la course le 9 janvier dernier. L'épreuve bernoise sera rattrapée ce matin dans la station slovène. «Mon meilleur classement ici est une septième place», déplore l'Italien. Oublie-t-il qu'un huitième rang est son résultat le plus probant à Adelboden? Didier Cuche ne partage pas ce souci. Le Neuchâtelois avait connu l'élimination sur la piste bernoise et il avait pris la deuxième place lors du géant de Kranjska Gora en 2009, aujourd'hui il partira avec le dossard No 3.

Au programme à Kranjska Gora
Aujourd'hui. Slalom géant: 9h30 (1re manche), 12h30 (2e manche). Samedi. Slalom géant: 9h45 (1re manche), 13h (2e manche). Dimanche. Slalom spécial: 9h45 (1re manche), 13h (2e manche). /sfo

Le dossard de Didier Cuche à Kitzbühel fait un tabac sur ebay

Les dossards de la descente de Kitzbühel ont été mis aux enchères jusqu'à dimanche sur ebay au profit des victimes du tremblement de terre en Haïti. Celui de Didier Cuche se négociait hier soir à plus de 11 000 euros (16 000 fr.). /ptu