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Janka prend la main

Splendide vainqueur de la descente de Garmisch, Carlo Janka a pris un avantage comptable et psychologique sur Benjamin Raich au général de la Coupe du monde. Premier podium pour Patrick Küng (3e). Didier Cuche huitième à 19 centièmes.

11 mars 2010, 11:13

Quel cas, ce Carlo Janka! Du haut de ses 23 ans, de ses 185 cm et de ses 90 kg, rien ne l'arrête. Surtout pas la pression. Hier matin, pour la première course de ces finales de Coupe du monde, le Grison a d'emblée annoncé la couleur et pris la main: il s'est offert la descente devant l'Autrichien Mario Scheiber (2e à 0''02) et son compère glaronnais Patrick Küng, troisième ex-æquo avec le Canadien Erik Gay (à 0''07). Une course, soit dit en passant, de folie où seuls 19 centièmes de seconde séparent le vainqueur du huitième classé, Didier Cuche en l'occurrence.

Déjà dégoûté par ses 4''42 concédées dans les dents la veille à l'entraînement, Benjamin Raich appréciera. «L'Eclair du Pitztal» est bel et bien l'absent qui a eu tort. Sans doute doit-il encore se mordre les doigts d'avoir fait l'impasse sur l'épreuve reine en prévision des trois dernières compétitions de cette fin de semaine. S'il lui reste quelques bouts de phalanges avant de s'élancer aujourd'hui dans le super-G (10h30), l'Autrichien pourra refaire les comptes: ses 46 points d'avance au classement général sont devenus 54 points de retard. Le chassé est devenu chasseur!

Qui va à la chasse perd sa place, c'est bien connu. En champion pacifique, Carlo Janka ne se préoccupe pas de ces considérations dignes de Saint-Hubert. S'il a pris un avantage aussi bien comptable que psychologique, «Iceman» se garde de vendre la peau de l'Aigle. «Je pense qu'il faudra attendre le slalom de samedi pour être fixé», explique le nouveau leader de la Coupe du monde.

L'absence de Raich dans le portillon de départ? Il la balaie d'un revers de la main: «Je ne me focalise pas sur lui», réplique-t-il de sa voix caverneuse. «Je me concentre sur mes performances et m'efforce de cueillir le plus de points possibles dans les épreuves de vitesse. Dans les disciplines techniques, je sais qu'il m'est supérieur.»

On l'a dit et on le répète: Carlo Janka est un taiseux génial. Introverti, il préfère s'exprimer skis aux pieds que micro à la main. Sa faculté à ne jamais perdre pied devant la pression ou certaines mauvaises performances ne laisse d'impressionner le cirque blanc. «Il a une capacité de rebondir que personne d'autre ne possède», admire Jörg Rothen, son entraîneur dans le groupe de vitesse.

Le technicien de Swiss-Ski rappelle l'épisode de Val-d'Isère, en décembre dernier: «Carlo n'a fini aucune des trois courses là-bas. En plus, comme il s'était blessé dans le géant, il est arrivé une semaine plus tard à Val Gardena sans entraînement. Cela ne l'a pas empêché de se classer deuxième du super-G!»

Au contraire de son poulain, Jörg Rothen est intarissable. «Même chose aux JO», enchaîne-t-il. «Carlo rate sa première semaine (réd: 11e de la descente, 8e du super-G), puis termine quatrième du supercombiné. A ce moment-là, il ne lui reste que le géant pour sauver ses Jeux... Et il remporte le titre!»

De quelle glace est-il donc fait cet «Iceman»? «Mon secret pour rebondir après une mauvaise course? Il est simple, j'oublie et je regarde vers l'avant», glisse-t-il comme une évidence. La pression? Un mot banni de son vocabulaire! «Ma saison est d'ores est déjà réussie. Globe de cristal ou pas, ça ne fera pas une grosse différence», conclut le skieur d'Obersaxen, qui a célébré hier son cinquième succès de l'hiver et terminé dauphin de Didier Cuche au classement final de la descente.

Reste maintenant à savoir comment réagira Benjamin Raich devant la déferlante Janka. Premier élément de réponse: ce matin dans le super-G. /PAD

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