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Cuche à pile ou Face

Didier Cuche a tout connu sur la fameuse piste de Val d'Isère. La gloire et les médailles aux Mondiaux 2009. La chute et la souffrance la saison passée.

10 déc. 2010, 11:12

Ambiance douce et décontractée, hier en début de soirée à l'hôtel quatre étoiles des Suisses. Salon feutré, coussins moelleux, musique de fond, crépitements de feu de bois: oui, il faisait bon discuter au chaud. Un sentiment de bien-être d'autant plus agréable en regard du vent glacial et des flocons qui s'abattent à l'extérieur.

Aussi ouatée soit-elle, l'atmosphère est pourtant à la veillée d'armes. Dehors, la Face de Bellevarde, majestueux géant de granit, est là pour le rappeler. Ce week-end, les skieurs de la Coupe du monde, pour leur grand retour en Europe après la tournée nord-américaine, vont défier le monstre à l'occasion d'un géant (samedi) et d'un slalom (dimanche). Et il s'agira d'avoir le cœur bien accroché pour espérer tirer son épingle du jeu… voire juste finir sans casse sous la banderole d'arrivée.

Défier une telle Face, plus abrupte, plus sinueuse encore que les autres pistes du cirque blanc n'est pas donné à tout le monde. Didier Cuche le sait. Mieux que quiconque. Bellevarde et lui? Une histoire d'amour. Mais à la Gainsbourg: à la «Je t'aime moi non plus».

Le Neuchâtelois, sur cette Face, est devenu champion du monde de super-G et vice-champion du monde de descente en février 2009. Sur cette Face, Didier Cuche a aussi connu une chute, terrible, l'an passé, alors qu'il effectuait une séance de ski libre avec du matériel de super-G. Cabriole qui l'avait sérieusement handicapé en Haute-Tarentaise. Au final, il s'était classé 9e du super-G et avait été contraint de faire l'impasse sur le géant et le super-combiné. «J'avais renoncé au super-G du combiné et, le lendemain, je m'étais élancé sur le super-G. Je pense que c'est là où ma côte a complètement lâché. Quelque chose de très violent. J'avais un point dans le dos à chaque fois que je tirais sur les bras», se rappelle le skieur des Bugnenets.

«Mais c'est du passé, pas de souci», enchaîne-t-il le ton rassurant. «Le seul mauvais souvenir qu'il me reste maintenant, c'était le matin du géant. Je n'arrivais même pas à mettre mes chaussures. L'effort me faisait trop souffrir.»

Didier Cuche marque un temps d'arrêt. Le bleu de ses yeux se fait plus acier. «Ici, je n'ai jamais été mauvais en géant. Mais c'est vrai que cette Face de Bellevarde ne m'a pas vraiment souri comme elle m'a souri en vitesse», enchaîne-t-il enfin.

Le moment est-il donc venu de prendre sa revanche sur l'orgueilleuse montagne? «J'espère limiter les dégâts par rapport à ma situation actuelle en géant», répond-il. «Si je rentre dans le top 10, c'est bien. Tout ce qui s'approcherait du top 3 serait magnifique. Cela dit, je pars dans la deuxième série, soit celle des dossards 8 à 15. C'est un tout petit désavantage, mais il faudra cravacher pour revenir dans les sept premiers afin d'avoir une piste complètement fraîche.» Didier Cuche tire un bilan de sa campagne nord-américaine: «A Beaver Creek, je termine 3e du super-G, à 13 centièmes de la victoire. Ce qui n'est rien. Je commets deux fautes qui me montrent que le potentiel victoire est là», lâche-t-il. «A Lake Louise, je me classe 5e du super-G et 9e de la descente. C'est bien également. Par contre en géant, à Beaver, sur une neige accrocheuse qui marquait un peu, je n'ai pas réussi à me lâcher pour aller vite. Je finis 11e, ce n'est pas catastrophique, mais ce n'est pas le ski que je sais pratiquer.» /PAD

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