Les pieds sur terre grâce au froid réalisme allemand

Pour son dernier gros test avant l'Euro, la Suisse n'a pas pesé bien lourd face au voisin allemand. Supérieurs dans tous les niveaux, Ballack et Cie ont montré à la troupe de Köbi Kuhn ce qui la sépare encore d'un «grand». Pour son dernier grand test avant «son» Euro - sans insulter la Slovaquie ni le Liechstenstein -, la Suisse n'a pas rassuré. Face à une équipe d'Allemagne fidèle à elle-même, la troupe de Köbi Kuhn a montré... tout ce qui la sépare encore d'une grande équipe, et d'un favori au titre en juin prochain.

27 mars 2008, 12:00

En premier lieu, et c'est certainement le plus inquiétant, la Suisse n'a pas réussi à se montrer dangereuse plus d'une demi-fois. Pour son retrour, Alexander Frei s'est ménagé une grosse occasion, sur un centre de Senderos (30e), mais cadrait trop bien son envoi. A part ça? Trois tirs lointains et bien trop peu de pression sur la cage de Lehmann. Même si l'envie semblait être présente, les Suisses n'ont jamais été en mesure de mettre la défense allemande hors de position. La volonté de Köbi Kuhn d'associer Derdiyok (puis N'Kufo en deuxième période) à Alex Frei n'a certainement fait que confirmer les doutes que pouvait avoir le sélectionneur national.

Bien plus présente physiquement, la «Mannschaft» n'a pas eu à forcer son talent pour administrer à la Suisse une fessée encore plus lourde que celle infligée à l'Autriche (3-0), coorganisatrice de l'Euro, en février dernier. Mais, au-delà de cette présence physique quasi étouffante, c'est le froid réalisme germanique qui a le plus démontré la différence entre un favori et une équipe plus que moyenne qui rêve de titre...

Il n'a, en effet, pas fallu 15 occasions à Klose et consorts pour convertir. Une fois ce premier but marqué, la tâche des Allemands fut encore plus facile.

Les nombreux sifflets qui ont accompagné Frei & Cie au coup de sifflet final ne trompent pas. Personne ne croit plus en un improbable exploit dans deux gros mois dans une telle configuration.

Outre ses errements défensifs - qui pourraient toutefois servir la cause du Neuchâtelois Steve von Bergen -, les Suisses n'ont pas été capables de réagir, de s'adapter à une situation scabreuse, de se faire violence pour inverser la tendance. Si l'ambiance n'avait pas - encore? - grand-chose à voir avec celle que l'on est en droit d'espérer pour l'Euro, le niveau de jeu présenté par Barnetta - qui n'a rien à faire dans l'axe du terrain - ne méritait pas mieux qu'un intérêt poli.

Les dernières sorties de la troupe de Köbi Kuhn ont malheureusement confirmé toutes les craintes que l'on pouvait avoir. Elles se sont même empirées. Si, footballistiquement, la Suisse est bien en deça des grandes nations, il s'agit de compenser par un engagement sans faille. Ce qui ne semble plus être le cas.

Vous avez dit inquiétant? /EPE

Suisse - Allemagne 0-4 (0-1) Parc St-Jacques: 38 500 spectateurs (à guichets fermés). Arbitre: Bramhaar (PB). Buts: 23e Klose 0-1. 61e Gomez 0-2. 67e Gomez 0-3. 89e Podolski 0-4. Suisse: Benaglio; Lichtsteiner, Eggimann, Senderos (75e von Bergen), Spycher; Behrami (58e Gygax), Inler, Fernandes (87e Huggel); Barnetta (80e Vonlanthen); Derdiyok (46e Nkufo), Frei (83e Yakin). Allemagne: Lehmann; Lahm (87e Trochowski), Mertesacker, Westermann, Jansen (79e Rolfes); Fritz (72e Friedrich), Ballack, Hitzlsperger, Schweinsteiger; Gomez (75e Kuranyi), Klose (58e Podolski). Notes: la Suisse sans Philipp Degen, Magnin, Margairaz, Müller, Streller (blessés) ni Dzemaili (M21). 15e but de Frei annulé (hors- jeu). Avertissements: 45e Schweinsteiger, 45e Ballack, 48e Klose, 65e Inler.