Votre publicité ici avec IMPACT_medias

La Suisse a trouvé son joyau

Troisième de la descente, puis cinquième du super-G, Lara Gut a éclaté ce week-end à St-Moritz. A 16 ans et demi, la petite Tessinoise n'a pas fini de faire parler d'elle. «Un peu par provocation, lorsqu'elle avait 10 ans et qu'elle raflait déjà tout chez les OJ, je lui avais demandé: Lara, quand est-ce que je te verrai en Coupe du monde? Elle m'avait répondu: dans 10 ans... Elle a quatre ans d'avance.»

04 févr. 2008, 12:00

Journaliste à la TSI, Enzo Guidi est comme tout le monde en ce samedi après midi à St-Moritz: sous le choc, époustouflé par le spectacle présenté par Lara Gut. Pour sa première (!) descente de Coupe du monde, la Tessinoise de 16 ans et demi a obtenu le 3e rang, à 0''35 de la Slovène Tina Maze, partie avec le dossard 47 et qui a bénéficié du retour du soleil et d'une piste devenue plus rapide pour créer la surprise.

La sensation slovène a pourtant été effacée par le show Lara Gut. Porteuse du dossard 32, la petite skieuse de Comano pointait avec 22 centièmes d'avance au dernier temps intermédiaire, avant de commettre une faute à 50 mètres de l'arrivée. Déséquilibrée, elle chutait, perdait un ski et franchissait la ligne sur le dos, au terme d'une glissade d'une trentaine de mètres. Sur le tableau d'affichage, à la ligne classement: le chiffre 2, un centième seulement derrière l'Autrichienne Maria Holaus, encore leader à ce moment-là!

Le visage plein de neige, Lara se relevait sans dommage. Entre deux fous rires, elle réservait ses premières impressions au micro de la speakerine officielle dans l'aire d'arrivée: «Demain, je vais essayer de skier avec les deux skis...»

Lara Gut n'est pas hâbleuse, elle est fonceuse. Ce qui ne gâche rien, elle a de l'humour et, surtout, elle tient parole. Ainsi, hier, a-t-elle magnifiquement confirmé en se classant 5e du super-G remporté par Emily Brydon. En tête au premier passage intermédiaire avec 49 centièmes d'avance, elle n'a pas pu résister à la seconde moitié de parcours canon de la Nord-Américaine. Cela ne gâchait en aucun point son plaisir: «J'ai réussi à confirmer ma descente de samedi, c'est génial», se réjouit la Tessinoise. La pression? «C'est vrai que je me suis sentie un peu différente de la veille. J'avais un peu plus de stress, répond-elle. Mais une fois sur les skis, j'ai essayé de prendre tous les risques. Ça a payé.»

La Suisse s'est découvert un joyau. Tant mieux, car depuis le début de l'année, les filles du groupe vitesse distillent leurs performances au compte-gouttes. Sans la «gamine», les skieuses d'Hugues Ansermoz auraient présenté un bilan décevant à St-Moritz. Certes Fabienne Suter (dernière à s'élancer avec son numéro 51) et Monika Dumermuth ont terminé 7e et 10e de la descente. Mais dimanche, avec Martina Schild 12e et 2e meilleure Suissesse, il n'y a pas vraiment de quoi bomber le torse.

Bref, au contraire de l'adage, Lara a été la goutte qui a empêché le vase suisse de déborder et de sombrer. A 16 ans et demi, est-elle déjà l'arbre qui cache la forêt? / PAD

Votre publicité ici avec IMPACT_medias