La Jamaïque exclut Powell... avant de le réintégrer!

Ça chauffe du côté de la Jamaïque. Retiré de la liste des inscrits pour les Mondiaux de Berlin par sa propre fédération, Asafa Powell - ainsi que cinq compatriotes féminines - a ensuite été réintégré sous la pression de la Fédération internationale.
02 août 2015, 18:47

Le sprint jamaïcain est en proie à de nouvelles querelles de clans, à l'heure d'aborder les Mondiaux de Berlin qui débutent samedi. Absent du camp d'entraînement officiel de l'équipe, Asafa Powell, ex-détenteur du record du monde du 100 m, a été retiré de la liste des engagés à la demande de ses propres dirigeants pour la réintégrer sous la pression de la fédération internationale.

Usain Bolt a, lui, participé ces derniers jours au camp de préparation des Jamaïcains près de Nuremberg. Mais le groupe de Powell, dirigé par Stephen Francis et réuni sous l'appellation Maximising velocity power (MVP), a préféré rester dans son coin à Lignano (It), s'attirant les foudres de la Fédération jamaïcaine (JAAA) qui dit avoir fait de ce camp un passage obligé. Cité par le journal «Jamaican Observer», Paul Doyle, le manager d'une partie des athlètes du MVP, affirme ne pas avoir été informé du caractère obligatoire du rassemblement.

Outre Powell, cinq athlètes du MVP avaient, dans un premier temps, été exclues. Il s'agit de la championne olympique du 100 m Shelly-Ann Fraser, de celle du 400 m haies Melaine Walker, de la vice-championne olympique du 400 m Shericka Williams, ainsi que de Kaliese Spencer (400 m) et de Brigitte Foster-Hylton (100 m haies). Toutes ont également été inscrites à nouveau.

La nouvelle du retrait de la liste des engagés de Powell et Cie avait été faite par la Fédération internationale (IAAF). Quant au président de la JAAA, Howard Aris, il a jusqu'à présent refusé tout contact avec la presse.

«Je suis convaincu que la plupart des dirigeants de la JAAA essaient de me saboter, moi et le succès que j'ai avec mes athlètes», s'était emporté Stephen Francis avant l'intervention de la Fédération internationale.

La division était déjà apparue l'été passé lors du camp précédant les Jeux de Pékin, où le groupe de Powell était arrivé en retard. Un des problèmes qui se posent est la localisation des athlètes pour les contrôles antidopage, l'IAAF ayant été informée officiellement d'une localisation des athlètes à Nuremberg et pas ailleurs.

Sur un plan personnel, la presse relève que Stephen Francis et Glen Mills, l'entraîneur du groupe rival du Racers track club de Bolt, ne peuvent pas se voir. Ajoutée au récent vrai-faux contrôle positif de cinq sprinters jamaïcains finalement réhabilités, cette affaire dérange.

Pas du genre cependant à se laisser perturber, Bolt doit arriver aujourd'hui à Berlin, deux jours avant les séries du 100 m, dont la finale a lieu dimanche. Une course pour laquelle les scénarios les plus fous circulent, alimentés par les souvenirs des nuits de Pékin avec les trois records du monde de celui que l'on surnomme «La Foudre». «Il faudra courir en 9''59 pour le battre», estime Tyson Gay, rival No 1 de Bolt. «J'ai la technique, une bonne équipe d'encadrement... tout est là», a ajouté l'Américain, pas inquiet malgré son forfait le week-end passé pour le 4 x 100 m du meeting de Cottbus, en raison de ses douleurs à l'aine.

Tenant du titre depuis les Mondiaux d'Osaka en 2007 sur 100, 200 et 4 x 100 m, Gay avait tenu la vedette au Japon. Bolt, alors âgé de 20 ans, n'était pas encore mûr (médaillé d'argent tout de même sur 200 et 4 x 100 m). Aujourd'hui, et contrairement à Pékin où Gay était amoindri par sa blessure, les deux champions se présentent enfin au top en même temps pour ce qui constituera leurs premières confrontations directes cette saison. /si