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La cigale et la fourmi

Simon Ammann et Andreas Küttel: ces deux noms sonnent comme autant d'espoirs de médailles avant le concours au petit tremplin de demain. Deux athlètes différents. L'un est instinctif, l'autre perfectionniste Les Jeux olympiques viennent à peine de démarrer que déjà une certitude s'impose: la TSR rentrera bredouille de Turin. Les 33 collaborateurs dépêchés sur place auront beau se regarder le nombril une fois de retour au pays: le département des sports a fait honte hier. Une médaille, oui, mais alors pour tordre le cou à des gens qui se sont complètement moqués du téléspectateur romand.

12 févr. 2006, 12:00

Dans une aire d'arrivée, sous leur casque, derrière leurs grosses lunettes, Simon Ammann et Andreas Küttel se ressemblent. Même teint rose et glabre, même visage d'éphèbe en dépit de leurs 25 et 27 ans. Tout semble les rapprocher. Et pourtant, tout les oppose. Le destin d'abord. Simon Ammann a pris son envol à Salt Lake City, en 2002. Deux médailles d'or restées dans les mémoires, la gloire... et le retour sur terre.

Andreas Küttel, lui, a gravi les marches du tremplin, une à une. Sans bruit, sans faire de gros sauts. Ce qui n'est pas le moindre des paradoxes pour un sauteur à skis. Dix longs hivers à manger de la vache enragée, sans une seule victoire avec, en guise de carotte, deux places sur le podium. Et puis le déclic, en dix jours. C'était en décembre dernier.

Une victoire à Lillehammer, une autre à Harrachov, deux troisièmes places aux mêmes endroits, «Andy» Küttel touchait enfin la grâce. «Techniquement, j'ai vraiment travaillé. Elle est là, la clé de mon succès.» Troisième du classement général de la Coupe de monde, le Schwyzois parle avec la douceur des gens sereins. Ces Jeux pourraient être les siens: «Je me suis préparé depuis deux ans dans cette optique. Ma troisième place à Willingen la semaine dernière montre que je suis en forme. Pour la confiance, il n'y a rien de mieux.»

Du haut de ses 182 cm (pour 63 kg), Andreas Küttel fait office de géant dans une discipline où les petits ont encore leur mot à dire. «C'est un athlète complet, comme on en voit peu en Coupe du monde. Il sait voler et sa technique est parfaite. Elle sort directement du manuel» s'enthousiasme Gary Furrer.

Comme si ça ne suffisait pas, l'homme est intelligent. «Andy est très cérébral. Il réfléchit, il pense ski, abonde le chef des sauteurs suisses. Son perfectionnisme le pousse à ne rien laisser au hasard. Il a par exemple participé à l'élaboration de ses propres skis. Il s'est également investi dans la fabrication de nos combinaisons.»

Les erreurs de «Simi»

Simon Ammann, lui, c'est un peu la cigale devenue fourmi, le talent à l'état pur qui, ayant chanté une grande partie de l'été, s'est enroué avant de se raviser. «Simon a un immense talent, il s'est reposé là-dessus après Salt Lake City, souligne Gary Furrer. Cela dit, il a compris. C'est devenu un sportif conséquent dans son travail et qui a retrouvé un excellent niveau.» Le Saint-Gallois a notamment manqué le train du BMI, cet indice de masse corporel introduit en automne 2004 afin de lutter contre la maigreur des sauteurs. «Il a dû prendre trois kilos et il a eu plus de problèmes que les autres pour s'adapter» souffle Gary Furrer.

Derrière des mèches de cheveux qu'il a mi-longs, «Simi» ne cache pas ses erreurs «Ça n'a pas toujours bien marché, mais je peux vivre avec le passé, certifie le double champion olympique. Mes médailles restent dans mon coeur, mais j'en veux d'autres, répond-il. Je suis dans une position d'outsider, je ne ressens aucune pression. C'est ma chance.» / PAD-La Liberté

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