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Un match joué à l'ancienne

Gstaad a vécu un samedi dans le passé. L'équipe de Suisse n'avait plus joué en plein air depuis le 30 décembre 1976 dans le cadre de la Coupe Spengler. Sous les flocons, elle a battu la Slovaquie aux tirs au but. Pour l'histoire. Pour le marketing, aussi.

09 févr. 2009, 09:28

La neige tombe sans discontinuer. Le public congelé, mais pénitent, ne manque pourtant pas une miette du spectacle. Sur la glace, les hockeyeurs retournent en enfance. Un étang de glace au fin fond de la Slovaquie, la patinoire de fortune dans le jardin de l'oncle Paul, la piste extérieure de la «pati» du coin, les souvenirs s'entrechoquent. «Ma dernière sortie en plein air? Cela devait être il y a une quinzaine d'années au Locle, en première ligue», se souvient Sandy Jeannin, le capitaine neuchâtelois de l'équipe nationale. «Durant mon enfance, je me rappelle avoir joué dehors à Saint-Moritz», enchaîne Emanuel Peter, un Biennois qui en est à ses premiers balbutiements internationaux. «Ce genre de match procure des sensations très particulières. C'était bien... malgré le froid!»

La mode des parties «open air» débarque, bien sûr, d'Amérique du Nord. La NHL a inauguré le concept du «Winter Classic» le 22 novembre 2003 devant les 57 167 spectateurs du Commonwealth Stadium d'Edmonton. Les Oilers du lieu s'étaient inclinés 3-4 devant le Canadien de Montréal. La partie s'était jouée par... -28 degrés en tenant compte du facteur de refroidissement éolien. Depuis, la plus prestigieuse des ligues remet régulièrement le couvert. La Suisse a découvert l'idée le 14 janvier 2007. Lors du 100e derby entre les Langnau Tigers et Berne, 30 076 curieux avaient envahi le Stade de Suisse. Les Ours avaient battu les Tigres 5-2. La prochaine affiche «open air» d'envergure se tiendra à Gelsenkirchen, dans l'antre de Schalke 04. Le match d'ouverture des Mondiaux 2010 en Allemagne s'y tiendra devant 76 000 spectateurs.

A Gstaad, sur la place d'ordinaire réservée au tennis et au beachvolley, ils n'étaient que 3000. Des téméraires, des amoureux de la rondelle qui voulaient être du show. «C'est une très belle opération de promotion en vue des Mondiaux en Suisse», relève Patrick Reber, responsable communication de la Ligue suisse. Cet acte de marketing a permis aux Helvètes de s'offrir une rare respiration récréative en pleine préparation pour les Mondiaux. «C'est une expérience unique, magnifiquement organisée», lance Ralph Krueger, le coach national. «Les Slovaques ont également beaucoup apprécié. Par contre, on n'est pas obligé de répéter cela chaque année...» Plus de 200 bénévoles et 200 000 francs de budget ont été nécessaires à la tenue de ce pari audacieux.

Car au-delà de l'événement pur, le puck n'a été qu'un prétexte. L'amoncellement d'au moins trois centimètres de neige fraîche n'a pas aidé à la pratique du hockey, au point que le passage des deux rolbas en milieu de tiers-temps devenait inévitable. «Sportivement parlant, ce match a été très difficile pour moi», avoue le Biennois Peter. «En plus du rythme international à trouver, j'avais des problèmes à maîtriser ma crosse. Avec toute cette neige, je n'arrivais pas à contrôler la rondelle. En fait, je ne réussissais rien du tout! Vraiment, un match très difficile...»

L'absence de plexiglas, également, a demandé une certaine faculté d'adaptation aux internationaux. «Avec les seuls filets de protection entre nous et les spectateurs, il était quasi impossible de donner des charges, cela aurait pu être dangereux pour le public», explique Sandy Jeannin. «Et avec toute cette neige, le jeu devenait hasardeux. A certains moments, on ne voyait ni le puck ni les lignes!»

Entre les flocons, la Suisse s'est imposée 4-3 aux tirs au but. Mais qui s'en soucie? /LKL

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