Un certain 27 avril 2003

Il y a six ans à Tampere, la bande à Krueger battait 1-0 la sélection américaine. Sera-t-elle capable de signer le même exploit ce soir?
04 mai 2009, 10:53

Sept joueurs l'ont fait. Plüss, Seger, Streit, Bezina, Paterlini, Blindenbacher et Jeannin étaient déjà sous les ordres de Ralph Krueger, le 27 avril 2003 à Tampere, lorsque la Suisse disposait des Etats-Unis 1-0 dans le tour préliminaire (but de Seger dans le premier tiers). Un exploit que la sélection nationale doit renouveler si elle n'entend pas vivre, ce soir à 20h15, sa dernière rencontre dans ses propres Mondiaux!

Il y a moins de deux semaines à Kloten, les Helvètes se donnaient confiance en disposant de la troupe dirigée par Ron Wilson. «Depuis cette rencontre, les Etats-Unis ont accueilli quelques joueurs, mais pas énormément», observe Sandy Jeannin. «N'empêche que le contexte est totalement différent!»

La Suisse doit disposer des Etats-Unis dans le temps règlementaire pour éviter de sortir par la petite porte. Si la Suède n'engrangeait pas le moindre point cet après-midi face à la France, la bande à Krueger devrait s'imposer avec trois buts d'écart au moins... «Nous sommes mal barrés», concède Sandy Jeannin. «Tout le monde doit sortir sa rage, ses tripes. Une totale insécurité habitait l'équipe dimanche (réd: hier). Pour une fois, cela nous ferait du bien de prendre l'avantage et de profiter de l'énergie insufflée par le public. Les Suédois nous ont débordés de toutes parts. Nous devons retrouver la solidité défensive qui fait notre force, un marquage serré.»

Ron Wilson, entraîneur durant la saison écoulée de Martin Gerber à Toronto et de la sélection américaine jusqu'aux Jeux olympiques de Vancouver, est une vieille connaissance du hockey suisse. Il a porté les couleurs de Kloten en 1980, puis il a passé à Davos pour fêter deux titres nationaux entre 1981 et 1986. Avant d'entamer une carrière derrière le banc qui l'a vu diriger 1170 matches de NHL (550 succès). Il rêve de gagner une Coupe Stanley et espère une médaille durant ces mondiaux. «Notre gardien, Robert Esche, de Saint-Pétersbourg, constitue l'une de nos forces. Sinon, nous avons de jeunes joueurs que nous développons afin de clairement viser le titre olympique l'an prochain.»

Ron Wilson avait posé son baluchon de joueur en Suisse, car le style de la NHL ne lui convenait pas. «C'était agressivité, force et bagarres. J'ai toujours préféré le jeu.» La Suisse ne doit pas s'attendre à ce que les Américains leur déroulent le tapis rouge pour autant... «L'évolution du hockey helvétique est très positive», dit encore l'homme fort des Etats-Unis. «Le niveau de jeu est élevé. Le rythme a augmenté comme l'implication des joueurs et leurs prises de responsabilités.» Pour l'anecdote, Wilson conserve un lien bien mince avec la Suisse, l'international Ivo Rüthemann ayant épousé la meilleure amie que s'était faite sa fille dans les Grisons. Mais ça, c'est une autre histoire... /PAM

Mon dimanche a été long

BILLET - PAR JULIEN SPRUNGER

«Samedi soir, j'ai regardé une partie du match de la Russie avec Andreï Bykov. De retour à l'hôtel pour le «snack» de 22h, j'étais justement avec Félicien Du Bois lorsque Ralph Krueger nous a annoncé que nous serions surnuméraires pour la rencontre face aux Etats-Unis. Nous devions prendre le bus à 8h pour aller à l'entraînement. Sur la glace, il y avait le gardien Daniel Manzato, Félicien et moi. Nous avons patiné une demi-heure, mais c'était intense, à trois seulement! Ensuite, j'ai fait quelques abdominaux et quelques exercices musculaires. Après le dîner, je commençais ma sieste lorsqu'on m'a appelé pour rejoindre l'équipe en réunion d'avant-match à 13h30, étant donné qu'un joueur était incertain... Je me suis donc préparé comme si j'allais jouer. Mais cela n'a pas été le cas. Ma journée a finalement été plus dure qu'en situation normale.

Suisse - Suède, je l'ai suivi en recensant les présences sur la glace pour les statistiques. A raison d'une quinzaine de secondes par «shift», contre 45 en moyenne avec Gottéron, c'était long. Jusque-là, je n'avais pas apporté ce qu'on attendait de moi et l'équipe non plus. C'est une décision du coach. J'ai rarement vécu un match important depuis les tribunes. En général, j'étais sur la glace avec Thibaut et cela nous avons plutôt bien réussi ces deux dernières années, contre le Danemark ou la Biélorussie. Ralph Krueger m'a dit qu'ainsi j'apprenais aussi que je ne pouvais pas toujours jouer. Que je devais positiver.

Ce soir, contre les Etats-Unis, nous n'avons plus le choix. Nous avons le dos au mur. J'espère rejouer!»