Gian Gilli rêve d'un centre olympique

Responsable du sport d'élite au sein de Swiss Olympic, Gian Gilli est persuadé qu'un centre olympique est nécessaire en Suisse.

13 oct. 2010, 04:15

La Suisse a besoin d'un centre olympique. Telle est la conviction de Gian Gilli, responsable du sport d'élite au sein de Swiss Olympic, qui va étudier la faisabilité d'un tel projet lors des six prochains mois.

«Il faut donner un chez-soi au sport suisse de haut niveau», a martelé Gian Gilli, une année après son entrée en fonction dans l'organe faîtier du sport helvétique. Lors d'un point presse à Lausanne, le Grison a pris l'exemple de la Norvège pour étayer son «rêve» de centre olympique.

«Depuis 20 ans, l'âme du sport norvégien est concentrée à l'Olympiatoppen d'Oslo. Au moment de sa création, la Norvège récoltait 12 ou 13 médailles lors des JO d'hiver. Quatre ans plus tard, elle en avait 22», a-t-il relevé à propos d'un pays qui a glané 14 podiums de plus que la Suisse lors des derniers JO de Vancouver (23 contre neuf).

Selon l'ancien boss du Mondial 2009 de hockey sur glace, à Berne et Zurich, un centre olympique permettrait une mise en commun des ressources, citant l'exemple d'une salle de musculation high-tech qui pourrait servir à des athlètes de tous horizons. Des synergies pourraient aussi naître en matière de diagnostic des performances, de médecine du sport ou de formation des entraîneurs, a-t-il continué.

«De plus, l'esprit olympique ne doit pas seulement exister pendant les JO. Pour créer cette dynamique, il est préférable que les sportifs travaillent ensemble plutôt que chacun dans son coin», a-t-il ajouté, précisant que l'entraînement spécifique des athlètes resterait l'apanage des différentes fédérations.

Aujourd'hui, Gian Gilli reconnaît n'avoir encore «aucune idée» du coût d'un tel centre, ni pris des premiers contacts avec les instances politiques. «D'ici le printemps 2011, nous allons présenter une étude de faisabilité au comité exécutif de Swiss Olympic. Cette étude prendra compte des investissements financiers, du cadre juridique ou encore du lieu d'implantation», a expliqué le Grison.

«Malgré les infrastructures déjà existantes, ce lieu d'implantation ne serait pas obligatoirement Macolin», a-t-il encore prévenu, citant notamment des contacts avec la ville de Lausanne. Il a aussi précisé qu'un éventuel centre olympique pourrait accueillir un total de «300 à 350 athlètes».

Par ailleurs, lors du même point-presse, la question d'une candidature suisse aux JO d'hiver a été abordée et reste d'actualité. Selon le président de Swiss Olympic, Jörg Schild, des signes «réjouissants» sont apparus ces derniers mois, notamment de la part du ministre des Sports Ueli Maurer. Les membres suisses du CIO ont, eux, rapporté qu'une candidature helvétique serait de plus en plus souhaitée par leurs collègues.

D'ici au printemps prochain, Jörg Schild espère pouvoir recevoir le feu vert du parlement du sport de Swiss Olympic pour lancer un véritable projet. Ce dernier est toutefois conditionné à la ville choisie l'été prochain pour les JO 2018. «Comme Pyeongchang (réd: en Corée du Sud) a de bonnes chances de s'imposer face à Munich et Annecy, nous pourrions monter un dossier pour 2022», a-t-il reconnu.

Outre le site choisi pour 2018, Jörg Schild a rappelé qu'un éventuel projet helvétique dépendait de la volonté du CIO d'attribuer à nouveau des JO à de «vraies stations de sports d'hiver». En revanche, si le CIO souhaite continuer la promotion de nouveaux sites, à l'instar «de la station thermale d'été de Sotchi en 2014», la Suisse n'aura pas sa chance, a-t-il estimé. /si