Mondial au Qatar: "une erreur" à cause de la chaleur

Vouloir tenir une Coupe du Monde 2022 l'été au Qatar était une "erreur", a confié jeudi le patron de la FIFA Joseph Blatter à la RTS. Vendredi dans un communiqué, la FIFA a tenu à préciser que ce n'était pas l'émirat qui était en cause, mais bien le climat y régnant durant la saison chaude.
16 mai 2014, 18:07
Les déclarations du patron du football mondial Joseph Blatter concernant des pressions politiques de la France pour attribuer au Qatar la Coupe du monde 2022 sont "sans fondement". C'est ce qu'a déclaré vendredi le ministère français des Affaires étrangères.

Invité du 19h30 jeudi, à moins d'un mois de la Coupe du Monde au Brésil, le président de la FIFA Sepp Blatter est revenu sur l'attribution du Mondial 2022 au Qatar. Le Valaisan juge que ce choix a été "une erreur" en raison du climat qui y règne l'été et pointe la responsabilité sur la pression politique de la France et de l'Allemagne.

"Oui bien sûr", a lancé M. Blatter au journaliste de la RTS qui lui demandait si la décision de faire jouer des matches par 50 degrés avait été une erreur. "Vous savez, on commet beaucoup d'erreurs dans la vie", a-t-il ajouté.

Le Mondial 2022 probablement en hiver

"Le rapport technique du Qatar indiquait bien qu'il faisait trop chaud en été, mais le Comité exécutif (de la FIFA) avec une majorité assez large a décidé qu'on (allait) jouer au Qatar".

Concernant le déplacement du Mondial au Qatar en hiver, en raison des grandes chaleurs de l'été, il estime maintenant le fait "probable". Si La FIFA regrette l'attribution initiale de la Coupe du monde au Qatar pour la saison estivale, elle n'a à aucun moment remis en question l'organisation de la compétition dans ce pays, précise un communiqué publié vendredi.

Joseph Blatter - qui a par ailleurs confirmé vouloir être candidat à sa succession l'an prochain - a refusé de parler d'un Mondial acheté par l'émirat. "Non, ça je ne le dirai jamais. C'est la poussée politique, celle de gouvernements, aussi bien la France que l'Allemagne." Revenant sur la réunion organisée par le président français de l'époque Nicolas Sarkozy, entre le président de l'UEFA Michel Platini et les autorités politiques qatariennes, le Valaisan dit ne pas avoir été choqué.

Par ailleurs, à moins d'un mois de la Coupe du Monde au Brésil, M. Blatter estime que les Brésiliens se laisseront entraîner par la fièvre du foot "dès que le premier coup de ballon sera donné au match d'ouverture".

Lobbying

Pour expliquer ce vote pour le Qatar 40 mois plus tard,M. Blatter a écarté la question de la corruption mais suggéré un puissant lobbying de Paris et Berlin. "Non, je ne dirai jamais qu'ils ont acheté (la compétition)", a-t-il déclaré, évocant la conséquence de "la poussée politique" provenant notamment de Paris et Berlin dont il souligne les intérêts industriels.

"On sait très bien que des grandes maisons françaises et des grandes maisons allemandes travaillent au Qatar. Mais ils ne travaillent pas seulement pour la Coupe du monde !", a souligné M. Blatter, affirmant que la FIFA "ne pouvait pas intervenir dans les considérations politiques".

A Paris, le président français Nicolas Sarkozy avait organisé une réunion, avec notamment le président de l'UEFA Michel Platini et le Premier ministre du Qatar avant l'attribution du Mondial.

M. Blatter affirme ne pas avoir été "choqué" par cette réunion, d'autant qu'il en a été "informé immédiatement après" en toute "transparence". "Je vois mal le président suisse (convoquer) le président de la FIFA pour lui dire il faut voter ceci ou cela", a-t-il cependant ajouté.

Des accusations fermement balayées par les intéressés. "Les allégations du président de la FIFA sur des prétendues pressions qu'aurait exercées la France au moment de l'attribution de la Coupe du monde de 2022 sont sans fondement", a réagi le porte-parole du ministère des affaires étrangères Romain Nadal, lors d'un point de presse.

Idem à Berlin où un porte-parole a renvoyé à des commentaires datant de novembre, dans lesquels un porte-parole de la chancelière Angela Merkel affirmait qu'il n'y avait eu, "à aucun moment, une recommandation à un membre allemand du conseil exécutif de la FIFA" pour désigner le Qatar.

Plusieurs obstacles se dressent sur la route d'un Mondial hivernal, dont l'opposition des fédérations des sports d'hiver, inquiètes de la concurrence qu'exercera le sport-roi. Il faudra aussi calmer la colère des pays battus lors de la désignation et trouver des arrangements avec les ligues professionnelles européennes, notamment anglaise.

De son côté, le Qatar a indiqué s'être déjà préparé à toute éventualité, en concevant des stades climatisés dans lesquels la température serait maintenue autour de 26-28 degrés.