Frappé par-derrière, Stéphane Grichting quitte le stade en ambulance. Le coup a perforé le canal urinaire. «Je n'oublierai jamais. Des séquelles subsistent. La plaie morale se cicatrise, mais elle restera en moi», confie le Valaisan. «Je rentrais avec les remplaçants et je me suis retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment avec une veste marquée «Suisse» dans le dos. On ne visait pas Stéphane Grichting, n'importe qui aurait pu être là. Le mot qui me vient à l'esprit est la lâcheté, c'est tout. On est totalement impuissant contre elle. A l'heure actuelle, je ne sais toujours pas qui m'a frappé... Et je ne le saurai jamais. Les fédérations suisses et turques, ainsi que la Fifa, n'ont pas fait le nécessaire vis-à-vis de moi pour réparer cette injustice.»
Le dossier s'est égaré dans les couloirs des bureaux des instances impliquées. «J'ai reçu plusieurs appels avant la prise de sanction par la Fifa, toujours des interlocuteurs différents que je ne connais pas, pour s'excuser. Puis le silence. La fédération turque n'a jamais donné de réponse aux courriers d'avocats que nous lui avons adressés. Nous nous sommes heurtés à un mur. Lutter contre la Fifa ou une fédération nationale est une cause perdue. Les procédures sont en cours et en suspens. Je ne perdrai plus d'argent, ni d'énergie dans ces démarches. Je suis dans l'optique d'abandonner ces actions.»
Porteur du numéro 13 en équipe nationale, Stéphane Grichting n'est pas superstitieux. «La question de savoir pourquoi moi ne m'a jamais traversé l'esprit après Istanbul. Je me demande de manière plus globale pourquoi j'ai eu ma dose de blessures très peu courantes: une fracture du pouce, quatre fractures de la tête, une perforation de l'urètre, cela n'arrive jamais dans le foot. Ce sont des trucs de hockeyeur ou de rugbyman!»
Demain, à Bâle, on jouera au football. Grichting l'espère très fort. / SFO