Après l’interruption du match Sion-GC samedi, l’arbitre neuchâtelois Lionel Tschudi raconte

L’arbitre neuchâtelois Lionel Tschudi a interrompu le match Sion-Grasshopper samedi en Valais. Il raconte sa démarche.

18 mars 2019, 16:30
Interrompre un match: une première pour le jeune arbitre neuchâtelois Lionel Tschudi (ici en rouge).

Le Neuchâtelois Lionel Tschudi, arbitre FIFA, a eu la lourde responsabilité d’interrompre le match Sion-Grasshopper samedi en Valais. En cause: les supporters zurichois lançaient des torches en feu sur le terrain. La dernière fois que de tels engins pyrotechniques ont interrompu une partie, c’était en 2011, lors d’un certain Zurich-Grasshopper. Lionel Tschudi nous livre les dessous de sa décision.

Des tribunes en feu samedi à Sion. Photo: Keystone.

Lionel Tschudi, comment avez-vous vécu ces événements?

C’était quelque chose de nouveau dans ma jeune carrière, je n’avais jamais été confronté à ça. C’est vraiment dommage d’en arriver là, c’est triste pour le football suisse.

Mon rôle est de protéger les joueurs sur le terrain, c’est ce que j’ai fait. Nous avons une procédure à suivre pour prendre ce genre de décisions.

C’est-à-dire?

Cela se passe en quatre étapes distinctes. La procédure est très claire. Prenons l’exemple de samedi.

Etape 1: dès le début du match, les supporters du secteur visiteur allument des engins pyrotechniques dans les gradins. Le speaker a l’obligation de leur demander de cesser ces agissements, chose qui a été faite.

Etape 2: samedi, à la 32e minute, des torches sont lancées sur le terrain. J’interromps alors le match, selon la procédure, et je rassemble les deux équipes près des bancs des joueurs pendant deux minutes.

Etape 3: dès la reprise de la deuxième mi-temps, des torches sont à nouveau lancées sur le terrain. J’arrête alors le match et fais cette fois rentrer tous les joueurs dans le vestiaire. Cette interruption a duré environ neuf minutes. 

Enfin étape 4: à la 55e minute, je constate que des engins pyrotechniques continuent de menacer les joueurs. C’est l’étape ultime. A ce moment, je dois prendre la décision d’arrêter définitivement le match.

La procédure a donc été suivie.

Comment ont réagi les équipes?

La décision finale est de ma responsabilité. Nous n’avons subi aucune pression de la part des clubs. Les deux présidents Christian Constantin et Stephan Anliker, ainsi que tous les joueurs ont compris ma décision de mettre un terme à la partie.

Et maintenant, que va-t-il se passer?

Honnêtement je ne sais pas. C’est désormais à la commission de discipline de la Swiss Football League de se prononcer dans les jours ou les semaines qui viennent. Est-ce que le match va terminer par un forfait, faudra-t-il rejouer le match, y aura-t-il des amendes ou des sanctions? (Réd: par exemple retraits de points, ou matches à huis clos).Tout est possible, mais ce n’est plus de mon ressort.

Plusieurs torches ont été lancées sur la pelouse. Photo: Keystone.