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Et un, et deux, et trois JO!

A moins d'un veto de Swiss Olympic, Gilles Jaquet participera en février à ses troisièmes Jeux d'hiver. Il a réglé le sort de ses rivaux à la régulière, hier à Kronplatz. Quadruplé suisse. Et victoire de Daniela Meuli Ping! Gilles Jaquet a tracé le point sur le «i» de Turin d'un grand coup de maillet. Adepte de la prise de carre, le Chaux-de-Fonnier a tranché dans le vif. Dans cette obsédante course aux Jeux où certaines illusions devaient forcément partir en omelette, il était en ballottage (favorable) face à Marc Iselin, Urs Eiselin et Roland Haldi. Sa solution idéale pour s'éviter toute mauvaise surprise: remporter la dernière épreuve de sélection. Avec, soufflé à l'oreille par l'entraîneur en chef Christian Rufer, un alinéa stipulant qu'un top 4 ferait l'affaire itou.

16 janv. 2006, 12:00

Quatrième derrière Philipp Schoch, Simon Schoch et Marc Iselin, le double champion du monde a joint le geste à la parole. Après les sushis de Nagano (1988) et les hamburgers de Salt Lake City (2002), le Neuchâtelois, à bientôt 32 ans, goûtera donc avec délice à la fine cuisine piémontaise. Et un, et deux, et trois JO!

«C'est bon pour la tête»

Il est 15 h 05. Dans l'aire d'arrivée, Gilles Jaquet a le visage en demi-lune, les pointes vers le haut. Un grand sourire sur pattes. La tension de la veille? Evaporée. Liquidée. Comme une larme de grappa à l'heure du café. «Je suis déçu d'échouer au pied du podium, mais la qualification olympique me redonne le moral! Mon objectif, fixé par l'entraîneur, était de terminer dans le top 4. C'est fait.» Christian Rufer le confirme: «Pas besoin de sélection interne. Gilles sera le quatrième homme à Turin, derrière les frères Schoch et Heinz Inniger. Il a deux podiums, contre un seul à Iselin. Et il sait maîtriser la pression.» Urs Eiselin (pas qualifié) et Roland Haldi (éliminé en huitième de finale) ne peuvent pas en dire autant. Marc Iselin a réalisé un parcours presque parfait, battu en demi-finale pour quatre centièmes par le futur vainqueur. En vain. Il devait s'imposer pour relancer ses actions à la table des négociations. «Deux victoires, un quadruplé chez les hommes: c'est bon pour la tête avant les JO! Et ça va faire gamberger les autres» jubile Christian Rufer. Dont la sélection devra encore recevoir l'aval de Swiss Olympic le 23 janvier.

Sorti indemne des qualifications (6e) après deux manches qu'il n'affichera pas sur les murs de son salon, le Neuchâtelois a remporté ses premiers duels face à Andreas Prommegger et Alexander Maier, avant de buter sur Simon Schoch en demi-finale, puis sur Marc Iselin pour la troisième place. «J'ai choisi une ligne directe, mais sur une piste aussi creusée, la trajectoire ronde était plus rapide. J'étais secoué à chaque porte. Plus les runs s'enchaînaient, plus je subissais la piste. Je n'ai jamais trouvé le bon passage.» Et d'ajouter dans un clin d'oeil: «J'aime les billards. Et je sais que la piste olympique sera très bien préparée!»

Relax, le Chaux-de-Fonnier. Même avant d'avoir son ticket en poche. Durant toute la journée, il s'est montré souriant, disponible, curieux. «Je ressens la pression dans les moments de calme, le soir avant la course, ou dans le portillon de départ, au moment de m'élancer, surtout quand il y a des JO au bout. Ce sont des moments d'intense concentration. Sinon, j'aime regarder ce qui se passe autour de moi, discuter avec les autres coureurs. C'est ma manière de gérer la tension. L'expérience m'a appris qu'il ne servait à rien de stresser trois heures avant!»

Les meilleurs du monde

Sur le podium, Philipp Schoch et Daniela Meuli (troisième succès de rang alors qu'elle était malade...) préfèrent une moto Ducati Monster S2R 800 à un chèque de 11.250 francs. Gilles Jaquet encaisse ses 1500 balles. «Ça fait drôle d'être quatrième mondial et d'avoir autant de peine à se qualifier pour les JO!» Cela prouve au moins la santé de fer du snowboard suisse. Dans la sélection alpine apparaissent ni plus ni moins que les quatre gaillards qui mènent le bal en Coupe du monde...

Une fourmi de 18 mètres, avec un chapeau sur la tête, ça n'existe pas. Un podium olympique à quatre places non plus. Dommage. / PTU

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