Essayé pas pu

Fabian Cancellara n'est pas parvenu à remporter une deuxième fois Paris-Roubaix. Tom Boonen a empêché le Suisse de réussir le même exploit qu'en 2006. Dauphin du Belge, le Bernois n'a pas beaucoup de regrets à avoir. La course est à peine finie, Fabian Cancellara tombe dans les bras de son épouse Stéphanie, tout son staff le félicite ou le console, le Bernois a un sourire crispé. «Je ne pouvais pas attaquer plus. J'ai fait mon possible», lâche-t-il en s'essuyant le visage. Battu au sprint par le surpuissant Tom Boonen, le coureur de CSC savait que la course était jouée bien avant l'entrée du vélodrome de Roubaix.

14 avr. 2008, 12:00

Cette 106e édition de l'Enfer du Nord, beaucoup plus sec qu'annoncé, s'est déroulée comme dans un manuel de cyclisme. Les favoris étaient présents au rendez-vous et la malchance aussi. Principales victimes des inévitables chutes sur les pavés: Hincapie, Pozzato et Flecha. La course par élimination a aussi eu lieu. Les grandes équipes ont dicté leur loi. Quick-Step, CSC et Silence-Lotto ont écrémé le peloton.

Stijn Devolder a tenté de brouiller les cartes en tentant le même coup qu'au Tour des Flandres, mais Stuart O'Grady l'a empêché de récidiver. «Quand nous avons vu que O'Grady était revenu, nous avons demandé à notre coureur de se relever», rapportait Patrick Lefévère, directeur sportif de Quick Step.

Et c'est logiquement que les trois hommes forts du jour se disputaient la victoire finale. Boonen, Cancellara et Ballan se retrouvaient seul à 30 km de l'arrivée. Le Bernois jetait ses dernières forces dans la bataille sur le terrible tronçon du Carrefour de l'Arbre, comme en 2006. Mais, cette fois, Tom Boonen a répondu présent. «J'ai tenté ma chance, je devais le faire, mais ça n'a pas suffi. Les meilleurs étaient devant et il était difficile de les lâcher», relatait Fabian Cancellara. Ensuite, dans les 750 derniers mètres du vélodrome, le Bernois n'a pas joué le coup à fond.

«Lors du sprint, j'ai été victime de crampes et j'avais mal à main droite suite à une secousse sur un pavé», se justifiait Fabian Cancellara. «Je pense que le plus fort a gagné, c'est tout. Je n'ai aucun regret, même si je suis bien sûr déçu de ne pas avoir gagné. Deuxième à Roubaix, ce n'est pas si mal. Contrairement au Tour des Flandres, où je n'étais pas dans un grand jour, j'étais à 100% de ma forme sur les pavés. Avec l'équipe, nous avons réalisé une grande course.» Il n'a manqué que la victoire finale.

Vainqueur à Milan-San Remo et deuxième à Paris-Roubaix, Fabian Cancellara présente un bilan plus que brillant en ce début de saison. «Je peux être fier de ma campagne de classiques», soulignait «Spartacus». «J'ai démontré faire partie des deux ou trois meilleurs coureurs de ces courses. C'est très important pour moi. Simplement, on ne peut pas toujours gagner.» Il peut se consoler avec les 22 000 euros offerts au deuxième (30 000 pour le premier).

Fabian Cancellara a indiscutablement mérité le repos qu'il va s'offrir avec son épouse et sa fille. Il reprendra la compétition le 14 juin lors du Tour de Suisse à Langnau avant de participer à la première partie du Tour de France. «Mon prochain grand objectif sera les Olympiades», indique-t-il. A Pékin, le Bernois visera le doublé (course en ligne et contre-la-montre). Des ambitions de champion et Fabian Cancellara a démontré en être un ce printemps. / JCE

106e Paris - Roubaix. Compiègne - Roubaix (259,5 km): 1. Boonen (Be-Quick Step) 5h58:42 (43,406 km/h). 2. Cancellara (S) à 0?01??. 3. Ballan (It), même temps. 4. Maaskant (PB) à 3?39??. 5. O?Grady (Aus) à 3?57??. 6. Hoste (Be), même temps. 7. Devolder (Be) à 3?59??. 8. Van Summeren (Be) à 4?35??. 9. Hincapie (EU) à 5?12??. 10. Baldato (It). Puis les autres Suisses: 28. Wesemann à 7?27??. 32. Elmiger à 11?26??. 35. Clerc à 11?44??. Abandon, entre autres: Calcagni (S). / si