Des craintes fondées

Après une petite heure de sommeil, Roger Federer revenait sur son deuxième sacre australien et avouait que la finale avait, comme prévu, constitué son match le plus difficile à Melbourne. La Coupe Davis en suspens La nuit a été courte pour Roger Federer. «J'ai dû dormir... une bonne heure.» Ce manque de sommeil ne l'a pas empêché de réunir la presse suisse au lendemain de sa victoire. Comme l'habitude a été prise depuis son premier titre à Wimbledon en 2003.

31 janv. 2006, 12:00

«La finale fut vraiment le match le plus dur de la quinzaine, reconnaît Roger Federer. J'étais le grandissime favori et Baghdatis le parfait outsider. Mes craintes étaient fondées. Je n'étais pas loin d'être mené deux sets à rien. J'y ai pensé. Mais je crois que j'aurais pu encore renverser la situation si le match avait épousé un tel scénario.»

«J'ai tout simplement beaucoup plus d'adversaires sur terre battue que sur les autres surfaces»

Le déroulement de cette finale et les deux alertes qu'il a essuyées face à Tommy Haas et Nikolay Davydenko l'aideront dans sa réflexion quant à son éventuelle participation à la rencontre de Coupe Davis dans dix jours contre l'Australie. «Je ne me suis toujours pas décidé, avoue-t-il. Je veux encore parler avec Tony Roche et Pierre Paganini pour être sûr de faire le bon choix. D'ici Roland-Garros, je dois être très méticuleux dans l'élaboration de mon programme. Même si le processus de guérison de ma cheville se déroule parfaitement, il y a un fait qui est indéniable. Ma cheville droite n'est toujours pas comme ma cheville gauche...»

Le grand rendez-vous de la Porte d'Auteuil mobilise déjà toute son attention. Le désir de se donner toutes les chances de s'imposer enfin à Roland-Garros l'amène à apporter deux modifications à son programme. Ainsi contrairement à l'an dernier, il a demandé à Tony Roche de le suivre aussi à Indian Wells au début mars. «Je ne veux pas contraindre Tony à voyager sans cesse, lâche-t-il. Mais j'ai tout de même besoin de le voir régulièrement. Indian Wells est un bon compromis pour nous deux.»

Par ailleurs, il est résolu à s'aligner ce printemps dans les trois tournois Masters-Series sur terre battue: Monte-Carlo, Rome et Hambourg. En 2004, il avait fait l'impasse sur Monte-Carlo, en 2005 sur Rome. «A Roland-Garros, il faut être prêt à tenir le coup tant physiquement que mentalement, affirme-t-il. Pour y parvenir, j'ai besoin de jouer beaucoup de matches sur terre.»

Même s'il n'échangerait pas une quatrième victoire à Londres contre un premier sacre à Paris - «Wimbledon demeure le tournoi No 1 pour moi», répète-t-il -, Roger Federer sait parfaitement que le défi qui lui est proposé sur terre battue est, aujourd'hui, le plus exaltant. «A mes yeux, un seul fait explique pourquoi gagner à Paris est le plus difficile: j'ai tout simplement beaucoup plus d'adversaires sur terre battue que sur les autres surfaces» poursuit le No 1 mondial.

L'an dernier, Rafael Nadal lui avait barré la route en demi-finale. «Je conserve le souvenir d'avoir livré un match décent contre Rafael, glisse-t-il. Mais Nadal était tout simplement le meilleur joueur de l'année sur terre battue. Sa victoire à Paris était amplement méritée.» Absent à Melbourne, le joueur des Baléares témoignera-t-il toujours ce printemps du même punch dévastateur? Les chances de Federer à Roland-Garros dépendront en partie de la réponse à cette question. / si

Record!

Cent soixante-cinq mille téléspectateurs romands (48% de parts de marché) ont suivi dès 9 h 50 et durant 2 h 45? la finale opposant Roger Federer à Marcos Baghdatis. Cela représente la plus forte audience de tous les temps pour une retransmission de tennis sur la TSR. Lors de la remise de la coupe, il y avait même 198.000 téléspectateurs romands (45,3% de pdm). / si

Le grand saut d'Hingis

Quart de finaliste à Melbourne, Martina Hingis a gagné 232 places au classement WTA. Elle pointe au 117e rang. Roger Federer et Kim Clijsters, qui déloge Lindsay Davenport, occupent la tête des classements techniques.

Stanislas Wawrinka a perdu trois places et figure désormais au 49e rang. Il précède le Russe Marat Safin, qui chute de 39 places après avoir cédé son titre sans combattre. Marcos Baghdatis pointe au 27e rang du classement technique et au deuxième de la Race.

Chez les dames, Patty Schnyder a conservé son huitième rang. Sacrée à Melbourne, Amélie Mauresmo se retrouve au deuxième rang, alors que Serena Williams a perdu 24 places pour se retrouver 39e. / si

Mme Baghdatis à l'hôpital

La mère de Marcos Baghdatis, Andri, a dû être hospitalisée durant la finale de l'Open d'Australie. Elle a ressenti des douleurs d'estomac qui se sont accentuées lorsque Baghdatis a été victime de crampes, a expliqué le président de la Fédération chypriote.

Mme Baghdatis a été conduite à l'hôpital, où les médecins ont diagnostiqué des calculs biliaires. Elle a suivi la fin de la rencontre sur son lit d'hôpital et a subi une opération bénigne. Marcos Baghdatis est attendu vendredi à Chypre. L'Etat va lui remettre environ 315.000 dollars en cadeau, et sa ville natale de Limassol songe à donner son nom à une rue. / si