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Les vassaux à l'assaut

Ecrasés pour l'instant par la supériorité de Lance Armstrong et de sa machine de guerre Astana, Cadel Evans, Carlos Sastre et Cie vont devoir passer à l'offensive dans les Pyrénées.

10 juil. 2009, 11:39

«Aujourd'hui, le Tour est fini pour certains coureurs.» Mardi, à l'issue d'un fructueux chrono par équipes, Lance Armstrong assénait froidement son coup de poignard. Impayable pour dicter les règles du jeu psychologique, le septuple vainqueur du Tour de France retrouvait ses vieux réflexes de régent supérieur. Dépouillés, en guenilles, ses vassaux devaient prendre en compte leur nouveau statut de SDF dans l'aréopage des prétendants.

D'autant plus déprimés après s'être emmêlés les pédales dans la bordure littorale de la Grande-Motte, Cadel Evans (Silence-Lotto), Carlos Sastre (Cervélo), Denis Menchov (Rabobank) ou encore les frères Schleck (Saxobank) auront l'occasion dès aujourd'hui d'esquisser les premiers contours d'une révolte que l'impérialiste Astana (quatre coureurs parmi les cinq premiers) doit sûrement sentir couver. Petit zoom avant sur la Jacquerie avant l'ascension vers Andorre de cet après-midi (10 derniers kilomètres à 7%).

EVANS NE PEUT PLUS ATTENDRE

L'Australien Cadel Evans (26e à 2'59'') doit forcer sa nature plutôt attentiste aujourd'hui entre Barcelone et Andorre. L'éternel dauphin (2e en 2007 et 2008) n'a pas d'autre choix que celui de l'offensive, alors qu'en cinq participations, il n'a jamais été aussi mal placé. «Je n'ai jamais été dans cette position sur le Tour de France avant les étapes de montagne, alors on va voir ce qui va se passer. Mais je me sens bien, le Tour n'est pas fini pour moi», espère le Poulidor des antipodes. Sa première passe d'arme pyrénéenne devra néanmoins être suivie d'autres campagnes. «Avec déjà quatre Astana devant et pas mal de favoris derrière, il faut tenter la bataille», analyse Henrik Redant, l'un des quatre directeurs sportifs du natif de Katherine. «Le Tour n'est jamais perdu jusqu'à Paris, demandez-le à Laurent Fignon (réd: le Français avait perdu le Tour 1989 en concédant huit secondes à l'Américain Greg Lemond à l'issue d'un contre-la-montre final). Une bataille, ce ne sera pas assez, mais je pense qu'il peut y avoir des ententes», poursuit le technicien de la Silence-Lotto.

CARLOS SASTRE SUR SES TERRES

Carlos Sastre (23e à 2'44'') fait partie des alliés naturels de l'Australien. Anonyme vainqueur de l'édition 2008, l'Ibère retrouve dès ce matin un terrain privilégié. «Je voudrais qu'on parle de moi pour ce que j'ai fait et non pour ce que j'ai dit», déclarait-il à «L'Equipe» en début de Tour. Les pourcentages de la dernière ascension vers Andorre prédisent la mise en action d'un coureur chahuté verbalement par Lance Armstrong dans son livre «The world's greatest champion», où le «Boss» avait qualifié la Grande Boucle 2008 de «vraie blague». Officiellement rabiboché avec Armstrong depuis mercredi, Sastre ne se contentera pas d'excuses pour prouver à l'Américain qu'il s'est bien trompé sur le compte d'un grimpeur quatrième du dernier Giro et capable de volcaniques chevauchées (deux victoires d'étape en Italie, au Monte Petrano et au Vésuve). «L.A.» n'est pas dupe. «Je m'attends à être attaqué dans cette étape, notamment par Carlos Sastre», a lâché Armstrong hier à Barcelone.

MENCHOV ISOLÉ, LES SCHLECKS PRÊTS

Muet depuis un préambule chronométrique raté à Monaco, Denis Menchov (64e à 4'54'') traîne son spleen sur ce Tour 2009. Le Russe de 31 ans, vainqueur du Giro, brille par son absence. L'abandon mercredi de son lieutenant néerlandais Robert Gesink (4e du Dauphiné Libéré) le laisse encore plus seul à l'heure où il aurait tout intérêt à briller après un mois de juin où il a été convoqué par des enquêteurs autrichiens dans le cadre de l'affaire «Humanplasma», qui cache un système de dopage sanguin. Encore aspiré dans une chute sur le bitume poisseux de Barcelone, Menchov n'a presque plus que la victoire d'étape et une place dans le Top 15 final à chasser.

Chez les Saxobank, Frank Schleck (19e à 2'17'') et son frère Andy (14e à 1'41'') sont «prêts pour la montagne», selon les dires de leur directeur sportif Bjarne Riis. «Dès demain (réd: aujourd'hui), nous aurons une course différente. Les Astana ont un avantage évident mais, derrière, beaucoup d'équipes ont le même intérêt. Avec une montée finale, il faut prendre des risques», poursuit Riis. Le Danois espère la bagarre. /FMA

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