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«C'est tellement grisant»

Voilà deux ans que Gaëlle Widmer arpente les sentiers tortueux du circuit de la WTA. La Neuchâteloise est actuellement 284e mondiale et rêve toujours de jouer en Grand Chelem Gaëlle Widmer doit ressentir cette impatience du cycliste engagé dans un col, quelque part entre le plat de la plaine et celui du sommet, en pleine ascension, avec des moments d'euphorie où les jambes sont légères, et d'autres de galère où elles sont lourdes à traîner.

10 août 2006, 12:00

La professionnelle neuchâteloise (28 ans), N1 5 et 284e à la WTA, s'est lancée sur le circuit en 2004. Deux ans plus tard, la voilà à mi-pente. Elle a déjà fait un bon bout de chemin mais n'a pas encore vu de panneau «stop». Sa route est toujours prioritaire

Gaëlle Widmer, qu?est-ce qui vous plaît dans le tennis? G. W.: Je suis une joueuse, j?aime le jeu, le challenge, me battre contre l?autre, trouver la solution pour gagner. Plus le niveau se resserre, plus le sens tactique et le mental prennent de l?importance.

A l?inverse, qu?est-ce qui est moins rigolo? G. W.: Tout ce qu?il faut gérer à côté! Je me fais avoir, je suis trop gentille, trop fidèle. C?est un monde d?égoïstes où il ne faut faire confiance qu?à soi.

Comment va la vie de professionnelle? G. W.: C?est les montagnes russes! La première année, au classement WTA, je suis passée de rien à top 400. Ensuite, c?est devenu plus compliqué car j?avais des points à défendre. En 2005, j?ai perdu une centaine de places. J?en ai regagné 120 depuis le début de l?année.

Le circuit WTA demande-t-il des sacrifices? G. W.: Je voyage beaucoup, je ne suis pas souvent à la maison, mais j?aime ça! Même s?il y a des moments plus durs que d?autres... Le jour où j?aurai l?impression de faire des sacrifices, j?arrêterai.

Vous fêterez vos 29 ans le 24 décembre. Etes-vous déjà une «vieille» joueuse? G. W.: Je ne suis pas la plus jeune... ni la plus expérimentée! Certaines filles de 22 ans ont cinq ans de circuit derrière elles. Moi, je n?en ai que deux. Sinon, physiquement, je tiens la forme. Avec Florian Lorimier, j?ai un bon entraîneur.

Regrettez-vous de ne pas avoir commencé plus tôt? G. W.: Pas du tout! Je n?étais pas prête et je n?avais pas envie de le faire avant. J?ai suivi des études à l?Uni ? licence en économie politique ? et fait deux ou trois ans d?assistanat.

Swiss Tennis ne vous a pas sélectionnée pour les deux dernières rencontres de Fed Cup. Une question d?âge? G. W.: En tout cas, cela ne peut pas être une question de classement, ni de caractère ou d?attitude! Swiss Tennis veut monter une équipe avec des jeunes. Ils me l?ont dit par téléphone avant la rencontre au Japon, en précisant bien que tout restait ouvert. Mais avant le match contre l?Australie à Chavannes-de-Bogis, je n?ai eu aucune nouvelle. Je ne comprends pas. Entre deux, j?avais joué la demi-finale du tournoi 25.000 dollars de Monzon...

Vous êtes éc?urée? G. W.: J?étais déçue... et je pouvais l?être! Je suis 284e à la WTA et ils ont pris des filles qui ne sont pas classées et ne figurent donc pas dans les 1400 meilleures mondiales... C?est dur à avaler. Je n?ai pas trop reçu d?explications et je n?en ai pas demandé non plus. Téléphoner, dire s?il-vous-plaît, je peux jouer? Non merci! Ils disent vouloir bâtir une équipe d?avenir et ils «prient» pour le retour de Schnyder et Hingis. Il y a quelque chose qui cloche.

Et si Swiss Tennis vous rappelle en 2007? G. W.: Je ne pense pas que cela va arriver... Ou alors en désespoir de cause, parce qu?ils doivent faire les fonds de tiroir! Mais je ne peux pas dire non maintenant. Il m?est difficile d?imaginer refuser une sélection. C?est drôle, j?ai discuté avec des filles en interclubs et beaucoup pensaient que j?avais refusé de jouer la Fed Cup cette année! C?est terrible, ce manque de communication...

Combien d?échelons pensez-vous encore gravir? G. W.: Mon objectif reste d?entrer dans le top 250 afin de pouvoir jouer les «qualifs» des tournois du Grand Chelem. C?était trop court pour l?US Open ? qui aurait ma préférence en raison de la surface ? mais cela reste possible pour l?Australie. Je vais toutefois devoir défendre 11 points d?ici la fin de l?année et en marquer une trentaine d?autres, ce qui correspond grosso modo à trois demi-finales dans un tournoi de 25.000 dollars (j?en ai joué deux ces trois derniers mois). Je suis clairement à un classement charnière. Il y a un cap à passer. Et c?est tellement grisant de jouer des tournois toujours plus relevés... /PTU

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