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Bolt devient «banal»

Usain Bolt a retranché onze centièmes à son record du monde du 200m: 19''19. La routine, quoi. Cinq sprinters ont couru cette finale en moins de 20 secondes, ce qui en fait le 200 m le plus dense de l'histoire.

21 août 2009, 11:04

Des flashes qui crépitent quand il apparaît sur l'écran géant, la star qui refait son cinéma, invective la caméra, montre et remontre son T-shirt, fait mine de se repeigner les cheveux, réclame encore et encore des applaudissements... Bon, on peut y aller, votre Majesté?

Un faux départ, causé par le Français David Alerte, pas trop inspiré sur ce coup-là. Et puis le bon. Et ce déboulé incroyable d'Usain Bolt, qui prend deux mètres, puis trois mètres, pour finir avec six mètres d'avance sur ses poursuivants immédiats, qui s'époumonent à tenter de le poursuivre. Le panneau électrique affiche un temps de 19''20, qui sera corrigé dans un 19''19 qui semble bégayer. Record du monde du 200 m battu de onze centièmes, exactement comme celui du 100 m quatre jours auparavant. La routine, quoi.

Usain Bolt commencerait-il à faire dans la banalité? On peut le craindre. Car le Stade olympique de Berlin, qui avait fait le plein pour la première fois hier soir depuis le début de ces 12es championnats du monde, a fait la fête au Jamaïcain durant deux à trois minutes, après quoi le crack de Trelawny s'est éclipsé. On est alors passé à autre chose. Au groupe B du passionnant lancer du javelot du décathlon.

Bon, on résume tout de même. Bolt, qui fête aujourd'hui même son 23e anniversaire, l'a donc emporté en 19''19, nouveau record du monde. Et, en plus, il avait le vent (0,3 m/s) dans la truffe, le bougre! S'ils ont semblé faire du surplace comparés à lui, les autres se sont plutôt bien débrouillés: le Panaméen Alonso Edwards a fini deuxième en 19''81, les Américains Wallace Spearmon et Shawn Crawford troisième et quatrième en 19''85 et 19''89, un autre Jamaïcain, Steve Mullings, cinquième en 19''98. Ce qui fait de cette finale le 200 m le plus dense de l'histoire, avec cinq sprinters en dessous des 20 secondes.

«J'ai pris un excellent départ, ce fut là la clé de ma réussite», a commenté Usain Bolt immédiatement après sa course. «Là, je crois avoir prouvé à la terre entière que mes records établis aux Jeux de Pékin n'étaient pas une plaisanterie. Ce sont les fruits d'un long et intense travail.» On précisera que le Jamaïcain a attendu l'heure de cette finale dans sa chambre d'hôtel en jouant tout l'après-midi à des jeux vidéo. «Ça me calme!»

Combien, avons-nous dit? 19''19? Ce chrono, qui aurait semblé sortir d'un autre temps, qui aurait semblé venir d'une autre planète il y a une année encore, n'a étonné quiconque ni ému personne hier soir parmi les 58 000 spectateurs de l'Olympiastadion. Et dire que l'on pensait qu'en 1996, aux JO d'Atlanta, le sulfureux Michael Johnson s'était approprié un bout d'éternité avec ses 19''32...

Depuis, Bolt est passé par là: 19''30 le 20 août 2008 à Pékin, 19''19 le 20 août 2009 à Berlin. Ce garçon est un véritable métronome en matière de records: 9''69 sur 100 m le 16 août 2008 à Pékin, 9''58 sur 100 m le 16 août 2009 à Berlin. Le 4x100m? 37''10 le 22 août 2008 à Pékin... et, mais oui, la finale du relais aura lieu samedi 22 août 2009, ici à Berlin. «Avec mes coéquipiers, je suis prêt à battre également ce record-là», annonce-t-il déjà.

Faites tout de même attention, amis jamaïcains: à force de repousser les limites humaines et d'amasser les médailles, on va finir par se poser des questions... /ALA

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