Alinghi et Oracle se défient aussi sur l'eau

Dès lundi, Alinghi et BMW Oracle en découdront sur l'eau. Le syndicat genevois défend son trophée, mais les menaces juridiques planent toujours au-dessus de sa tête.

06 févr. 2010, 08:03

Normalement, la Coupe de l'America est, comme les Jeux olympiques, un moment fort qui vient conclure plusieurs années de dur labeur, de travail, de préparation. Or, la 33e édition du plus vieux trophée sportif du monde, qui opposera dès lundi à Valence Alinghi à BMW Oracle, n'est pas du même acabit. Querelle entre defender et challenger oblige.

Toujours attaqué en justice par le défi américain au sujet de la «nationalité» de ses voiles, le syndicat genevois défendra son aiguière d'argent avec une menace planant au-dessus de sa tête. Car, même en cas de victoire, la Cour de l'Etat de New York pourrait, par la suite, inverser la décision sportive.

La 33e Coupe de l'America se disputera sous protêt américain. Compte tenu du fait que le litige judiciaire entre Alinghi et Oracle dure depuis l'été 2007, le nom du vainqueur définitif pourrait bien être incertain longtemps encore, même si la justice a assuré statuer dans l'affaire le 25 février.

Avant d'envisager ce scénario - qui fera la part belle aux avocats -, les deux équipages devront en découdre sur l'eau, au large de la Darsena de Valence. Enfin! L'enjeu est de taille: quel ego milliardaire l'emportera, celui d'Ernesto Bertarelli, le fondateur d'Alinghi, ou celui de Larry Ellison, le patron d'Oracle?

Autre regard, mêmes dichotomies. Le savoir-faire helvétique face à la technologie US. Catamaran versus trimaran. Voile souple contre aile rigide. A Valence, les opposés chercheront à se mettre d'accord. Une fois n'est pas coutume.

Match dans le match, Ernesto Bertarelli luttera contre une organisation dirigée par Russell Coutts, de retour dans une compétition où il était persona non grata en 2007, après s'être fait virer par le defender genevois. Et le Néo-Zélandais, vainqueur de l'aiguière en 2003 aux côtés de Bertarelli et de bon nombre de marins d'Alinghi, ne manquera pas une telle opportunité de régler ses comptes. Ernesto Bertarelli va par ailleurs barrer conjointement Alinghi avec Loïck Peyron.

Difficile alors d'imaginer que le match se déroule sans passion, sans controverse, sans esclandre. Même son format - au meilleur des trois régates - est fait pour que la pression soit à son maximum dès les premiers bords.

Dès lundi, si le vent le permet, il s'agira d'aller vite. Très vite. La première et l'éventuelle troisième régates (lundi 8 et vendredi 12) consisteront en un simple aller-retour, tandis que la deuxième (mercredi 10) aura lieu sur un triangle équilatéral. La rumeur veut qu'Alinghi 5 soit plus performant en petit temps, alors qu'USA 17 serait très rapide par vent soutenu.

Le vent, justement, sera un facteur clé. Ne serait-ce que pour le tenue des régates. Alinghi a récemment perdu son dernier combat concernant le réglement, lui qui voulait imposer une limite maximale de 15 nœuds pour régater. La décision se fera finalement, au jour le jour, sur décision du jury de course. Voilà encore une énième possibilité pour les deux rivaux de prolonger la dispute. Mais sur l'eau, cette fois-ci... /si