05.12.2018, 05:30

Une exposition sur le réemploi des matériaux à l’Hôtel de ville de Neuchâtel

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Olivier de Perrot, architecte et fondateur de la plateforme Salza, et Veronika Pantillon, d’Habitat durable, à côté d'un ancien abattoir madrilène relooké avec de vieilles tuiles.

Architecture L’exposition «Matière grise» présente des projets architecturaux du monde entier qui donnent une seconde vie aux matériaux. A voir au péristyle de l’Hôtel de ville de Neuchâtel jusqu’au 15 décembre.

Quel est le secteur, en Suisse, qui produit le plus de déchets par an? L’alimentaire? L’énergétique? Celui des transports? Pas du tout. «Chaque année, plus de 3000 permis de démolition sont délivrés, ce qui fait que le secteur de la construction engendre dix millions de mètres cubes de déchets!», tonne Olivier de Perrot, architecte. Et pourtant, il pourrait en être autrement si au lieu de détruire, on déconstruisait simplement… pour réemployer les matériaux.

En 2014, lors d’un voyage à Paris, Olivier de Perrot découvre l’exposition «Matière grise» installée au Pavillon de l’arsenal. C’est le déclic. «Depuis, je l’ai faite tourner à Lausanne et à Bâle, en passant par Fribourg ou encore Zurich». Et c’est au péristyle de l’Hôtel de ville de Neuchâtel qu’elle a posé ses valises depuis ce mardi 4 décembre.

Réalité encore trop ancrée

Des tuiles, destinées à la décharge, pour relooker d’anciens abattoirs de Madrid, les façades d’une université américaine composées de tableaux noirs jetés par des écoles, le siège du Conseil de l’Union européenne, à Bruxelles, bardé de 3000 anciennes fenêtres en chêne… Septante-cinq projets architecturaux y sont présentés, comme autant d’encouragements à repenser la profession en donnant une seconde vie aux matériaux, plutôt qu’en abusant des matières premières. 

Tuiles, briques, béton, plâtre, vitrage, moquette… Toutes les parties d’un bâtiment sont susceptibles de servir une deuxième fois, même pour une fonction toute différente, au lieu d’être jetées à la benne.

Une réalité encore trop ancrée qu’Olivier de Perrot a tenté de contrer en lançant le site web Salza en 2016, par ailleurs organisateur de l’exposition, en partenariat avec Habitat durable. «Il s’agit d’une plateforme nationale qui permet aux gens d’offrir ou de récupérer des éléments de construction avant qu’ils ne passent à la poubelle», informe l’architecte. Qui précise que le principal frein actuel à une architecture basée sur le réemploi provient principalement du manque d’information sur le sujet.

Jeudi 6 décembre, le Club 44 organise une conférence relative à l’exposition, portée par quatre intervenants.

 

Infos pratiques

Péristyle de l’Hôtel de ville, exposition jusqu’au samedi 15 décembre. Conférence-débat au Club 44 de La Chaux-de-Fonds, «Rénover l’ancien ou construire du neuf?», jeudi 6 décembre à 20h15.


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