14.04.2019, 11:00

Marin: quatre brasseries, dont Celestial, s’unissent pour créer une bière de collaboration

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Peter Danielsson, propriétaire et brasseur de Celestial.

PRODUITS LOCAUX La brasserie Celestial a accueilli trois «consœurs» , samedi à Marin, pour créer une blanche à l’abricot en vue de la Lausanne Beer Celebration 2019. Une pratique courante dans le milieu de la bière artisanale, où les trouvailles et les savoir-faire se partagent sans modération.

Malgré la présence de quinze brasseries indépendantes dans le canton de Neuchâtel, la bière artisanale reste un marché de niche. Seulement 3% de la bière consommée en Suisse chaque année sort des cuves d’une (micro)brasserie locale. 

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Surtout, c’est un monde à part, préservé des seuls enjeux commerciaux de la grande distribution, où le partage des savoir-faire l’emporte encore sur la jalouse dissimulation des secrets de fabrication. Où la bonne trouvaille des uns alimente joyeusement le brassin des autres.

La concurrence, on laisse ça aux grands groupes qui font de la bière industrielle
Peter Danielsson, patron de la brasserie Celestial

«On est tous gagnants»

Le goût de cette fraternité se retrouve dans les bières de collaboration, élaborées en commun pour un événement particulier. Ce samedi, la brasserie Celestial, à Marin, s’est alliée à Black Pig (Delémont), Echec et Malt (Carrouge, VD) et Broken City (Davesco-Soragno, TI) pour brasser 1000 litres d’une blanche parfumée à l’abricot, en vue de la 12e édition de la Lausanne Beer Celebration des 24 et 25 mai.

«Dans le monde de la bière artisanale, on a l’habitude de travailler ensemble. La concurrence, on laisse ça aux grands groupes qui font de la bière industrielle», sourit Peter Danielsson, propriétaire de la brasserie Celestial. «Ces journées, c’est l’occasion de se faire connaître, de comparer et de faire déguster nos produits, de convertir de nouveaux clients à la bière artisanale… A la fin, on est tous gagnants.» 

Les étapes d’un brassage 

Samedi, le public a pu assister à la création de la bière qui sera proposée à Lausanne et découvrir les étapes d’un brassage: mouture du malt (en l’occurrence de l’orge et du blé); mélange des céréales avec de l’eau chaude dans la cuve d’empâtage; pompage dans la cuve de filtration; passage dans la chaudière à moût pour la stérilisation; refroidissement et transfert dans la cuve de fermentation; ajout de la levure et d’éventuels arômes (ici de la purée d’abricot). Dans trois semaines, la bière sera prête à être mise en bouteille.  

Le public a pu découvrir le petit monde de la bière artisanale. Photo Christian Galley

A seulement 10% de sa capacité

Créée en 2017 à Fontaines, installée à Marin depuis avril 2018, la brasserie Celestial propose six types de bières. «Nos installations nous permettraient de produire 4000 litres par semaine, soit 200’000 litres par année», relève Peter Danielsson. «Mais le problème, c’est de vendre…» La production des douze premiers mois d’exploitation à la rue des Marais avoisine les 20’000 litres, soit 10% de la capacité de la brasserie.

Bière au chasselas

Pour convaincre des restaurateurs, des organisateurs de grandes fêtes ou de festivals, le patron ne fait pas que brasser de l’air. Il soigne ses produits phares et défriche de nouveaux terrains de jeu. Deux cuves de 100 litres lui servent à faire des essais, comme cette bière au moût de chasselas créée l’automne dernier à la période des vendanges, qui a fait un carton avec son petit côté «mousseux». Ou cette brune de Pâques surprenante avec ses arômes de cacao.

Cette capacité à suivre le cours des saisons, à se diversifier, à rechercher sans cesse la petite touche personnelle, fait la spécificité des brasseurs artisanaux. Et leur force face aux grands groupes qui dominent le marché.
 


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