20.01.2020, 15:11

La Chaux-de-Fonds: au TPR, Anne Bisang joue avec les mots de Patricia Highsmith

chargement
"Small g", l'adaptation scénique du roman éponyme de Patricia Highsmith, la semaine dernière au TPR à La Chaux-de-Fonds.

La critique de… «Small g» et du milieu queer zurichois des années 1990, dépeint par la romancière américaine Patricia Highsmith et adapté au théâtre par le duo Anne Bisang et Mathieu Bertholet. Notre impression.

Pour quatre représentations, la salle de Beau-Site, à La Chaux-de-Fonds, s’est transformée en café zurichois des années 1990. En cet épicentre du réseau social de l’époque s’entrecroisent et se dénouent des intrigues amoureuses, surtout le week-end, lorsque l’établissement devient «Small g», un bar «gay friendly».

Dans cette adaptation, par Anne Bisang et Mathieu Bertholet, du roman posthume de Patricia Highsmith, inspiré du «Songe d’une nuit d’été», la surprise vient du fait que le résultat tient davantage de la comédie élisabéthaine que du suspense métaphysique.

L’amour sous (presque) toutes ses formes

Encadrée par la narration hors scène de l’assassinat d’un jeune homosexuel, Petey, et la mort brutale d’un personnage haï, la pièce évoque un ballet (deux comédiens sont aussi danseurs) où la pulsion de vie, malgré le sida et l’héroïne, reste la plus forte, portant les uns dans les bras des unes et des autres. Au centre du jeu gorgé de quiproquos, la jeune modiste Luisa (double de Highsmith?) s’émancipe.

Les aveux qu’elle fait à Rickie – l’amant de Petey –, du sentiment amoureux que celui-ci lui inspirait, font vibrer la corde sensible. Les dialogues alternés de quatre interlocuteurs ou les appels téléphoniques donnant du fil à retordre à la communication font, eux, sourire. Les jeux scéniques parfaitement réglés sont assez jouissifs, lorsque Rickie laisse éclater sa colère en voulant fracasser les chaises, ou quand deux amants se jouent d’un canapé en acrobates.

Conte de fées où l’amour sous (presque) toutes ses formes triomphe: Luisa se partage entre le prince charmant Teddie et l’âme sœur Dorrie, Rickie gagne en sérénité, l’histoire manque d’un vrai méchant. Rénate, la patronne maltraitante de Luisa, n’est pas une sorcière. La dimension anxiogène fait défaut pour rendre pleinement l’esprit du roman et, sans doute, l’atmosphère de l’époque.

Didier Delacroix


Les idées sorties

Besoin d'inspiration pour une prochaine sortie ?

Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque jeudi des idées de sorties et l'actualité événementielle et culturelle de Neuchâtel !

Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque jeudi des idées de sorties et l'actualité événementielle et culturelle de Neuchâtel !

À lire aussi...

Théâtre«Small g», un café entre amertume et légèreté«Small g», un café entre amertume et légèreté

Grève des femmesAnne Bisang: "Au chapitre des inégalités, le monde culturel n’est pas en reste"Anne Bisang: "Au chapitre des inégalités, le monde culturel n’est pas en reste"

RécompenseLa directrice du TPR Anne Bisang reçoit un Prix du théâtreLa directrice du TPR Anne Bisang reçoit un Prix du théâtre

La critique de…Au TPR, le spectacle envoûtant d’Olivia PedroliAu TPR, le spectacle envoûtant d’Olivia Pedroli

Top