«Schumi» s'explique

02 août 2015, 18:47

Visiblement très déçu, Michael Schumacher s'est présenté face à la presse, à Genève, afin d'expliquer sa décision de ne pas revenir en F1 pour remplacer temporairement Felipe Massa. L'Allemand n'a caché ni sa frustration, ni son envie de rempiler. Peut-être même dès 2010.

«Je suis frustré. C'est un moment très triste pour moi», lance-t-il d'emblée. «Je tiens tout d'abord à remercier Ferrari, tous les ingénieurs, les mécaniciens, pour leur soutien et les fans pour leur enthousiasme. Je ne m'y attendais pas.» Emu, le plus grand pilote de l'histoire de la F1 (91 victoires) qualifie en effet ce renoncement de «très douloureux, d'autant que je fais partie de la famille Ferrari depuis plus de dix ans et que je ne revenais que pour une chose, aider l'équipe», orpheline de Massa, victime d'un grave accident lors du Grand Prix de Hongrie.

Seulement, sa nuque encore meurtrie par son accident de moto du début d'année a eu raison de Schumacher, et ce malgré une préparation physique intense qui l'a vu perdre quatre kilos. Lourdement touché, le septuple champion du monde est toutefois presque entièrement rétabli. Ses diverses fractures - notamment de la septième vertèbre cervicale - sont de l'histoire ancienne. Au contraire du traumatisme subi par son os occipital, dans la région où crâne et nuque se rejoignent.

Mais le Dr Peil, son médecin personnel, se veut confiant. «Michael pourra retrouver sa meilleure forme et faire du sport. Et même très bien! Il pourra, malheureusement, à nouveau participer à des courses de moto...», lâche-t-il avec malice. Se pose alors LA question: Schumacher reviendra-t-il sur les circuits de F1 l'an prochain?

Le président de Ferrari, Luca di Montezemolo, fait le forcing pour que les écuries soient autorisées à aligner trois voitures dès 2010. Avec le doux espoir de confier un des volants à l'Allemand. «Pour l'heure, je n'y pense pas», élude vaguement Michael Schumacher. «J'ai l'esprit occupé par cette triste décision. Et je rappelle que mon retour n'a jamais été planifié.»

Certes. L'Allemand conserve toutefois le regard et l'attitude du champion. D'ailleurs, à aucun moment il ne répond «non» à l'interrogation générale. Est-ce à dire qu'à 40 ans, et qu'en l'espace d'une séance d'essai, la flamme s'est ravivée pour le citoyen de Gland? /si