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Y'a qu'les chevelus pour vénérer la virilité du glatz

08 mai 2008, 12:00

«Voilà, j'ai terminé», lâche la voix. Les gémissements mécaniques cessent. Un courant d'air frôle les deux larges pavillons qui ornent ma calebasse de tête. Je distingue encore brièvement deux lames acérées s'agiter sous mes yeux. Je gis là dans cet étrange fauteuil de barbier noirâtre. Ma calvitie pour seule compagne. «Un signe de virilité» qu'ils disent. Moi, je trouve surtout que ça limite pas mal mes chances de parvenir à le prouver. Je me console donc en pensant à tous mes illustres congénères déplumés, le bulbe affûté, pelé. Bruce Willis défiant une météorite tueuse. Kojak domestiquant une sucette sauvage. Vin Diesel luttant face à une affreuse invasion de Twingo. Et puis moi. Moi face à moi. De Monsieur Patate, ne me manque plus que la moustache et la rondeur. Du capitaine de pompier playmobil, la grande échelle. Et de Jean-Claude Dusse une simple ouverture. Débarrassé de l'affreux tablier attrape-poils fuchsia, j'observe dans mon dos le figaro. Ce gars qui tient une glace dans laquelle je découvre un paysage lunaire fait de crevasses et de plis graisseux. Moi qui croyais que la bière ne poussait qu'autour du nombril. Sur, mais aussi autour de ces monticules faits de chair et d'os abîmés, je découvre quelques rares brins de gazon naturel. Je détourne les yeux. Me penche vers l'avant. «Dieu a créé la calvitie pour apprendre aux hommes à être humble», disait Bruce. Sur le sol, inanimés, je les reconnais. Ils sont là qui gisent sans vie, perdus. Mes poils, mes pials! Qu'ai-je fait pour mériter ça?! Bruce aide-moi!

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