Un pas vers la création de sang artificiel

02 août 2015, 18:45

Des chercheurs zurichois ont découvert comment neutraliser l'hémoglobine sortie des globules rouges. Cette méthode pourrait aider à combattre des maladies comme la drépanocytose ou la malaria sévère. Et également constituer un pas vers le développement du sang artificiel.

L'hémoglobine est la protéine qui donne au sang sa couleur rouge. Présente dans les globules rouges, elle assure le transport de l'oxygène dans le corps. Lors de maladies comme la drépanocytose (ou anémie à cellules falciformes) ou des formes sévères de malaria, les globules rouges sont détruits et l'hémoglobine se retrouve directement dans le sang.

Cette hémoglobine libérée est toxique pour le corps. Elle provoque notamment un rétrécissement des vaisseaux sanguins, ce qui peut induire de l'hypertension, voire une attaque cérébrale. L'équipe de Dominik Schaer, de l'Hôpital universitaire de Zurich et de la faculté Vetsuisse, a pour la première fois trouvé un moyen de neutraliser cette hémoglobine circulant librement.

Les chercheurs ont utilisé pour ce faire une protéine présente naturellement dans l'organisme, l'haptoglobine. Ainsi qu'ils l'écrivent dans «The Journal of Clinical Investigation», ils ont pu montrer sur des chiens et des cochons d'Inde que l'haptoglobine capture l'hémoglobine, et qu'un taux plus élevé de la première dans le corps maintient la pression artérielle à un niveau normal.

L'étude des chercheurs zurichois leur ouvre une notamment la perspective d'un sang artificiel constitué d'hémoglobine et d'haptoglobine. Un sang artificiel constitué des deux protéines pourrait, entre autres, permettre d'apporter de l'oxygène à des blessés graves sans que leurs vaisseaux rétrécissent. /ats

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