Un brouillon d'orthographe pour assurer son avenir

16 avr. 2008, 12:00

Quand ils versent des acomptes, c'est avec 2 C. Et les résultats sportifs, à les en lire, sont toujours très «sérés». A croire que les équipes pataugent régulièrement dans le yoghourt. On en connaît tous, des victimes de l'orthographe, des malades des participes passés, qui zappent les accents sans vergogne et égarent les S au premier pluriel venu.

Interpellée sur le sujet, Fanfan m'a parlé de l'un de ses protégés qui a une manière bien à lui de triompher des difficultés de l'orthographe. Chaque matin, au tableau noir, Fanfan trace une succession de lettres liées à la craie blanche. Ses élèves de 3e année décryptent la phrase puis en discutent. Ce jour-là, on peut lire: «Le professeur de gymnastique ne donnera pas de cours». La nouvelle inspire un petiot. Raide sur sa chaise, habité d'une excitation impatiente, il peine à retenir ses mots: «Maîtresse, maîtresse, c'est drôle. Gymlastique s'écrit avec un N, alors qu'on dit gymlastique. C'est comme herbre. Ça s'écrit avec un seul R, alors qu'on en entend deux». Loin d'être démunie face à cette logique toute personnelle de l'orthographe, la maîtresse en a conclu que pour faire la part des choses entre l'utilisation bancale de certains mots et leur transcription écrite, cette petite bouille devait réaliser une sacrée gymnastique - avec N - intellectuelle. Mais il n'y a pas que les enfants pour trébucher sur les difficultés du français. Au tableau d'affichage du magasin du coin, il était écrit sur un billet qu'une dame cherchait «un bouleau sûr». Pas sûre qu'elle comptait vraiment sur un arbre pour assurer son avenir.