Santé: on pourrait devoir payer une taxe de 50 francs pour aller aux urgences

Les adultes qui décident eux même de se rendre aux urgences pour des cas bénins pourraient bientôt devoir payer 50 francs. Le National a accepté une initiative qui veut inciter les patients à consulter le médecin de famille et, ainsi, décharger les urgences.

03 déc. 2019, 13:19
Accepté par le National, le texte passe au Conseil des Etats. (Illustration)

Les patients, qui se rendent aux urgences pour des cas bénins, devraient s’acquitter d’une taxe de prise en charge. Le National a donné suite mardi, par 108 voix contre 85, à une initiative parlementaire de Thomas Weibel (PVL/ZH) pour réduire les coûts à la charge de l’assurance-maladie.

La proposition entend imposer une taxe de 50 francs pour toute admission aux urgences hospitalières. Celle-ci ne serait pas imputée sur la franchise ou la participation aux coûts. Les enfants et les adolescents, de même que les patients envoyés par un médecin et les malades dont le traitement nécessite par la suite une hospitalisation, pourraient en être exemptés.

Décharger les urgences

Les députés y voient un instrument approprié pour renforcer la responsabilité individuelle des patients et les inciter à consulter leur médecin de famille avant de se rendre à l’hôpital. Le texte permettrait également de freiner la hausse des coûts, car une consultation en cabinet est bien meilleur marché.

Les services d’urgence seraient également déchargés. Et ils pourront mieux faire face aux urgences réelles, avancent-ils encore.

La gauche est contre

La gauche, alliée à une partie du groupe du centre, a tenté en vain de rejeter l’initiative. Sa mise en oeuvre sera très lourde sur le plan administratif et il faudra s’attendre à des litiges sur la question de savoir si un cas est bénin ou non, ont-ils souligné.

Le texte passe au Conseil des Etats. Sa commission compétente s’y est déjà opposée en avril au motif que les charges pour mettre en place ces taxes seront disproportionnées par rapport à l’effet réellement obtenu et les exceptions très difficiles à fixer.