Santé: nouvelle campagne de sensibilisation aux infections sexuellement transmissibles

Si la syphilis, la chlamydiose ou la gonorrhée gagnent du terrain, les cas de VIH tendent à reculer. La nouvelle campagne de sensibilisation aux infections sexuellement transmissibles (IST) tient compte de cette nouvelle donne et propose un questionnaire anonyme qui offre des conseils personnalisés.
23 oct. 2017, 12:31
Le "safer sex" ne s'applique plus seulement au VIH avec la recrudescence des autres infections sexuellement transmissibles.

Les cas d'infections sexuellement transmissibles comme la syphilis, la chlamydiose ou la gonorrhée sont en hausse en Suisse, alors que le nombre de cas de VIH se stabilise. Face à cette évolution, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) actualise son message et lance un nouvel outil de prévention individualisé.

L'année dernière, le nombre de cas de syphilis a bondi de 15% en Suisse à 733, ceux de gonorrhée de 20% à 2270 et ceux de chlamydiose de 8% à 11'013 cas, a indiqué lundi l'OFSP dans son bulletin hebdomadaire. Pour la deuxième année consécutive, le nombre de nouveaux cas de VIH s'est en revanche stabilisé, avec 542 cas déclarés en 2016.

Le message de prévention reste le même depuis 30 ans, celui d'une sexualité plus sûre ("safer sex") pour réduire les risques d'être contaminé, a expliqué devant la presse Simone Eigenmann, responsable de la section prévention de l'OFSP. Mais le "safer sex" ne s'applique plus seulement au VIH. Avec la recrudescence des autres infections sexuellement transmissibles, il est devenu plus complexe et n'est plus le même pour tous.

 

Préservatif, seul moyen efficace

Le message a été adapté en conséquence et précisé. L'usage du préservatif reste le principal moyen d'éviter la transmission du VIH et de réduire les risques des autres infections. La nouveauté mise en exergue dans la campagne de l'OFSP est la création d'un nouvel outil, le "safer sex check". Elaboré avec des experts, celui-ci se base sur un questionnaire anonyme qui offre des recommandations individualisées en fonction de sa propre sexualité.

L'augmentation constatée ces dernières années s'explique principalement par les progrès dans les analyses de laboratoires. Certaines infections qui n'étaient pas détectées auparavant le sont désormais. Les personnes à risque se font en outre dépister plus souvent.

Pour ce qui est de la répartition des maladies, elle reste déséquilibrée. La gonorrhée, la syphilis et le VIH touchent davantage les hommes, soit respectivement 79%, 89% et 78% des cas déclarés. Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sont les plus touchés. Les infections à chlamydia concernent en revanche davantage les femmes (67% des cas).