Santé: deuxième cas de rémission d’un patient atteint du VIH

Le patient de Londres, comme les chercheurs l’appellent, n’est plus atteint du VIH, virus qui donne le sida, et est en rémission. Selon les auteurs de l’étude publiée dans Nature, le patient n’a montré aucun symptôme depuis 19 mois.

05 mars 2019, 07:21
/ Màj. le 05 mars 2019 à 20:49
"Le patient de Berlin" était le premier patient en rémission complète il y a 10 ans.

Pour la deuxième fois au monde, un patient atteint par le virus du sida (VIH) connaît une rémission durable après avoir interrompu son traitement. Un résultat qui ouvre la perspective de réussir un jour à guérir la maladie.

Dix ans après la confirmation du premier cas de rémission chez un patient séropositif qui s’était débarrassé de cette maladie, ce deuxième cas, surnommé «le patient de Londres», n’a montré aucun signe d’atteinte du virus depuis près de 19 mois, alors qu’il a cessé son traitement, rapportent mardi dans la revue Nature une équipe de chercheurs, qui le considèrent comme probablement guéri.

 

 

Les deux patients ont subi des greffes de moelle osseuse pour traiter des cancers du sang, et reçu ainsi des cellules souches de donneurs porteurs d’une mutation génétique rare qui empêche le VIH de s’implanter.

«C’est un résultat qui fait date. Après 10 ans d’incapacité à reproduire (le premier cas), les gens se demandaient s’il s’agissait d’un coup de chance», estime l’auteur principal de l’étude, Ravindra Gupta, professeur à l’Université de Cambridge. «Il est important de réaffirmer que c’est réel et que cela peut être fait», a-t-il déclaré à l’AFP.

Des millions de personnes infectées par le VIH à travers le monde contrôlent cette maladie à l’aide d’un traitement par antirétroviraux (ARV), mais cette thérapie ne les débarrasse pas du virus et doit être prise toute la vie.

 

 

Avancer dans les connaissances

La greffe de moelle osseuse – une procédure dangereuse et douloureuse – n’est pas une option viable pour obtenir la guérison de la majorité des malades, prennent soin de souligner le Pr Gupta et son équipe. Mais ce deuxième cas de rémission et de guérison probable aidera les scientifiques à réduire l’éventail des stratégies de traitement.

«Ça nous permet, nous chercheurs, d’avancer dans nos connaissances sur ce qu’il faut pour aboutir à une guérison», a ainsi salué Michaela Müller-Trutwin, directrice de recherche à l’Institut Pasteur, interrogée sur RTL.

37 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, mais seules 59% bénéficient d’une trithérapie. Près d’un million de personnes meurent encore chaque année d’affections liées au VIH. L’apparition de formes de VIH résistantes aux médicaments représente aussi une préoccupation croissante.