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S'enfuir sur une terrasse

27 mai 2008, 12:00

Rue de la Roquette. Paris. Aux alentours de midi. Loin des artères surtouristiques de la capitale, je suis assise à la terrasse d'un bistrot de quartier, «A la bonne franquette». Je profite des premiers rayons de soleil tant attendus.

Il y a quelques instants encore, j'étais dans une salle «six pieds sous terre», au milieu d'aficionados du jeu en tout genre, jeu de rôle en particulier, venus pour une convention. Un autre monde. L'estomac qui commençait à crier famine, l'appel de l'astre printanier: toutes les raisons étaient bonnes pour quitter une atmosphère où je n'arrivais pas à trouver ma place.

Assise au stand d'un jeu de rôle assez connu, j'écoutais ses adeptes parler de leur passion, des personnages qu'ils incarnent, des scénarii qu'ils ont imaginés. Ils ont même créé un magazine consacré au monde de ce jeu. Par moments, on croirait qu'ils y vivent tellement ils sont absorbés par leurs discussions.

Une barrière imaginaire se dresse entre nous: je reste prisonnière du monde réel. Avantage ou inconvénient, je ne sais pas. Après tout, la réalité est ce qu'on en fait. Mais impossible de se laisser emporter par des histoires de satyres, de minotaures, de farfadets ou autres méduses. Ces joueurs se comprennent à demi-mot, ils s'enferment dans leur monde sans s'en rendre compte. Pour le néophyte, les mots se transforment vite en un flot incompréhensible de paroles. On perd le fil; on perd l'intérêt; et puis on s'enfuit sur une terrasse, agrémentée d'un couscous.

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