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Ramages et plumages

11 févr. 2008, 12:00

La première fois que j'ai vu «Les oiseaux» de Hitchcock, c'était au ciné-club du gymnase de la Tchaux. Ensuite, je suis redescendue par le chemin du Grillon, en pleine forêt, à la tombée de la nuit. En entendant soudain un «crôa crôa» juste au-dessus de ma tête... disons que je n'ai pas traîné. Le corbeau (chez nous, on dit corbeau, même si ce sont des corneilles) n'a pas une bonne image de marque. Le soir, quand on en voit planer des nuages au-dessus de l'Hôtel de ville du Locle, ils suscitent bien rarement de la sympathie. On a plutôt tendance à penser qu'ils sont beaucoup trop, qu'ils sont beaucoup trop noirs, qu'ils braillent beaucoup trop fort. Mais bon, Hitchock ou pas, nous, on aime bien les moutons noirs. Et puis, chaque fois que quelqu'un me parle en mal d'un corbeau, ça me rappelle une scène vécue à la ferme des Eplatures, quand nous étions enfants. Nous avions recueilli une petite corneille tout amochée repérée à côté de chez nous et l'avions installée dans un cageot, à l'entrée du corridor. La porte d'entrée restait en général grande ouverte, et durant toute la convalescence de ce jeune oiseau, une volière, les parents, les frangins, frangines, cousins, cousines, voisins, voisines, enfin, toute la famille au sens large venait lui tenir compagnie, jour après jour, qu'il y ait par là des humains ou pas. Alors, c'est vrai, la nature n'a pas doté le corbeau du ramage du rossignol ni du plumage du martin-pêcheur. Mais finalement, dans la vie, il y a des choses plus importantes que celle de savoir bien chanter.

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