Quand la fourmi espionne

26 oct. 2010, 10:50

Une fourmi du sud de l'Europe a développé une méthode inhabituelle pour se procurer de la subsistance. Elle déchiffre les signaux olfactifs laissés par une autre espèce pour indiquer une source de nourriture, ont constaté des chercheurs des universités de Berne et de Fribourg.

La communication au moyen de molécules odorantes est permanente chez les fourmis, comme le soulignait hier l'Université de Berne dans son journal en ligne «uniaktuell». Lorsqu'une ouvrière découvre de la nourriture, elle laisse une trace sous forme de phéromones afin d'y guider ses congénères. Jusqu'ici, les scientifiques pensaient que ces phéromones étaient propres à chaque espèce et donc illisibles par les autres. L'équipe de Florian Menzel, de l'Institut d'écologie et évolution de l'alma mater bernoise, vient de prouver le contraire.

Ainsi, la fourmi camponotus lateralis est capable de déchiffrer les traces laissées par crematogaster scutellaris et ainsi aller lui piquer de la nourriture. A l'inverse, crematogaster s'avère incapable de lire les phéromones de camponotus, comme l'écrivent les chercheurs dans la revue «Ecological Entomology». Cet espionnage ne nuit toutefois guère à crematogaster, qui est l'espèce dominante. Ses sources de nourriture ne sont pas pillées de manière démesurée par l'espionne, laquelle se fait régulièrement repousser. /ats