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Parfois, zapper est un crime

14 sept. 2007, 12:00

Il y a des fois où zapper est un crime. Même la zappette le sait. L'autre jour, le but de la soirée était de ne pas regarder une nouvelle fois le déchirant film d'Almodóvar «Tout sur ma mère». Surtout qu'il n'était pas diffusé en version originale et que l'écran était méchamment coupé - désolé, on n'a pas encore un écran plat digital. On s'était promis de regarder le début, en se jurant de ne pas prolonger la «séance» trop tard. Mais il a suffi d'un regard, d'une image, d'une note, d'une séquence et la magie a opéré. Impossible de zapper. Comme envoûté, on a une nouvelle fois succombé à la maestria de Don Pedro et au talent de ses actrices (Cecilia Roth, Marisa Paredes, Penélope Cruz...). Dire que, lors de la première vision, ce film du réalisateur espagnol avait paru moins abouti que les autres. Trop émouvant, trop dramatique, trop déchirant: presque mélodramatique dans le mauvais sens du terme. Bref, le but était de s'en passer. Mais non, jusqu'au bout, on est resté scotché, hypnotisé. Et on a laissé échapper quelques larmes. Sans trop de regrets, disons-le. Pour une fois, la zappette est restée bloquée. Inutile. Oui, parfois zapper est un crime, mais cela arrive si peu souvent que l'on ne s'en souvenait plus. Promis, la prochaine fois que l'on tombera sur un aussi beau film, on ne zappera pas. Mais cela n'arrivera pas de si tôt. Le paysage télévisuel actuel est tellement pauvre que zapper est devenu un réflexe salvateur, un divertissement en soi, une drogue. Pourvu que l'on puisse s'en passer le plus souvent possible...

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