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Mai 68, le petit Nicolas et la télé en noir et blanc

05 mai 2008, 12:00

«Dis donc! C'est quoi un enfant de mai 68?» La question de son fils l'a pris par surprise. Le petit Nicolas hésite. Il avait 9 ans quand le monde, la France et Paris s'échauffaient. Il se rappelle bien papa qui s'énervait sur «ces idiots aux cheveux longs». Maman, elle, prenait leur défense. A l'école, personne n'en parlait. A part le pion, le surveillant, qui sentait bien que quelque chose tournait mal. Devinait-il que son autorité vacillait? En tout cas, ce mois de mai avait eu un goût de vacances. Les grèves se succédaient et les enfants n'avaient pas école. «C'est peut-être ça. Plus de liberté?», se dit le petit Nicolas. «Bof... ça n'a pas duré.» En juin, tout avait repris sa place. Encore que... Le salaire de papa avait augmenté. Il avait acheté une télé et maman avait enfin un lave-vaisselle. «Quoi! Y avait pas la couleur?», s'exclame l'enfant à la réponse de son père à propos de la TV. «Ben non», répond le petit Nicolas. «Le monde était bien gris», lui glisse une petite voix intérieure.

Les couleurs allaient exploser les années suivantes. Et pas qu'à la télé. Le petit Nicolas en profiterait dès ses 16 ans. Comme beaucoup de ses copains.

«Alors, c'est quoi un enfant de mai 68?», s'énerve le fiston. «Un peu de tout ça», répond le père. «Un peu de tout quoi?» Le petit Nicolas est poussé dans ses retranchements. «La télé couleur, le rock, les filles, la rébellion», finit-il par lâcher. «Ben, c'est comme pour nous», répond la progéniture. Et le père de soupirer.

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